Quelques idées de films



Voici 15 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de changement, je ne modifie pas cette phrase d'introduction :

  1. Starbuck - (9) nous propose la plus belle comédie humaniste depuis le triomphe d'Intouchables (E.Toldeano & O.Nakache - 2011). Malgré un pitch totalement improbable - un donneur régulier est devenu père de 533 enfants dont 141 décident de mener une action collective pour découvrir son identité, on se laisse totalement emporter par les mésaventures de David Wozniak (éblouissant Patrick "Yo no soy David Wozniak" Huard), pris entre sa future (et assumée) paternité, ses dettes abyssales, son meilleur ami avocat (franchement génial Antoine Bertrand de son autorité sur sa nombreuse progéniture à son triomphal procès dédié à David) et ses enfants qu'il rencontre incognito. Il faut dire que le scénario, écrit à quatre mains par Ken Scott et Martin Petit, est une bouffée de bonheur et d'énergie drolatique, composée de hasards et d'émotions qui nous rendent simplement heureux. À voir assurément.

  2. Populaire - (9) est une excellente surprise. En effet, en proposant une comédie romantique surannée et assumée comme telle, Régis Roinsard parvient à rendre palpitante cette compétition d'un autre temps, la vitesse dactylographique, réel sport comme le prouve la réaction pertinente de Rose Pamphyle - magnifique Déborah François - suite à la perfide intervention d'un journaliste parisien. Prise en main par son patron - Romain Duris, évident ! - devenu son entraîneur, elle va à la fois devenir de plus en plus rapide et tomber amoureuse (Ah, le repas de Noël familial inattendu), devenant un modèle anachronique pour les jeunes femmes de la fin des 50's. Entourés par d'épatants seconds rôles (du couple d'amis indéfectibles Bérénice Bejo - Shaun Benson aux parents des héros Miou-Miou - Eddy Mitchell - Frédéric Pierrot en passant par les "vilains" parisiens), l'amour du duo principal lumineux traverse avec grâce cette souriante comédie agréablement nostalgique et pleinement feel-good movie. À voir sans hésitation en cette fin d'année.

  3. Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres - (8,5) est la parfaite suite des aventures modernisées du héros de Doyle. En reprenant là où s'achevait l'opus originel (G.Ritchie - 2010), on se retrouve au cœur d'un complot criminel qui doit plonger les nations européennes dans une guerre totale. Afin d'enrayer cette machine infernale, Holmes va devoir combattre un Mal inconnu des gouvernements, le professeur Moriarty (Jared Harris plus qu'efficace), prêt à tout pour ses noirs desseins, quitte à éliminer de vieilles connaissances. La course qu'ils vont se mener ne rencontre aucune baisse de rythme ni de qualité, aussi bien sur la forme (à l'image de l'exceptionnelle fuite de l'usine d'armement) que sur le fond (l'ultime rencontre helvète des Ennemis restera longtemps en mémoire). L'alchimie du duo Downey Jr / Law demeure d'une parfaite efficacité et l'arrivée du frère de Sherlock (cocasse Stephen Fry) apporte une certaine fraîcheur à ce vieux couple. Vivement le 3e tome des aventures de Holmes.

  4. All Cops Are Bastards (A.C.A.B.) - (8,5) est une effrayante plongée en apnée dans l'ordinaire italien d'une violence haineuse banalisée. En suivant le quotidien d'une unité de CRS confrontée à la colère de leurs proches, de hooligans, de syndicalistes, d'expulsés, de nationalistes..., Stefano Sollima parvient à rendre humain tous les sordides, ne jugeant jamais les différents protagonistes de par et d'autre de la barrière légale. Pour ce faire, il s'entoure d'une troupe à l'unisson guidée par Pierfrancesco Favino, chef de meute involontaire et fatigué, qui apporte toute son (in)humanité à Cobra (comment oublier sa défense judiciaire d'une percutante actualité ?). Dès lors, entre événements réels et fictionnels, on se perd dans cet instantané dépourvu de jugement subjectif. Du grand cinéma transalpin.

  5. Hasta la Vista - (8) est la nouvelle preuve que le cinéma belge est ce qui arrive de mieux actuellement au cinéma francophone (ou pas... puisque là, l'antagonisme flamand souligne le charme de cet improbable road-trip). En effet, qui aurait pu imaginer un tel pitch sans que les éventuels producteurs ne vous rient au nez en vous fermant la porte au tarin ? Trois hommes lourdement handicapés aspirent à perdre leur virginité et organisent, en cachant leur but réel, un voyage touristique jusqu'à un bordel espagnol spécialisé dans l'accueil d'infirmes. Si cela ne suffisait pas, Geoffrey Enthoven les fait conduire par une matrone wallonne qui ne parle pas un mot de néerlandais et sur lequel s'acharne la méchanceté de Lars. Pourtant, malgré les aspects multicasse-gueules de ce voyage, ce film est un pur moment de grâce et d'élégance humaniste tant ce quatuor (Isabelle de Hertogh, Tom Audenaert, Gilles De Schrijver, Kimke Desart) dysfonctionnel nous emporte vers l'espoir, illustré par la musique de Joe Dassin. À voir et revoir comme un grand-huit émotionnel qui ne tombe jamais dans l'abîme si proche de son sujet.

  6. The Descendants - (8) est une réussite qui suit la descente sentimentale d'un quinqua, père de 2 filles, qui apprend que sa femme accidentée et comateuse l'a trompé peu de temps avant son accident létal. Dans le rôle du caliméro qui surnage, excelle George Clooney (comme dans la scène du bar où il ne semble pas être là) totalement investi et sans séduction. Alexander Payne lui offre un double environnement portant : un local avec un Hawaï loin des poncifs glamours et pourtant majestueux et un familial avec l'exceptionnelle découverte Shailene Woodley (et son petit ami amorphe et parasite). Ce deuil permet à Clooney de se reconstruire et de construire sa nouvelle famille avec une rare humanité. Beau et parlant pour tous.

  7. 2 Days in New York - (8) marque le retour des mésaventures de Marion (décalque fantasmée ou non de Julie Delpy) après son passage parisien en 2007 (2 Days in Paris - 2007). Si elle a changé de compagnon (Adam Goldberg laissant sa place à Chris Rock), perdu sa mère et s'est installée dans Big Apple, la venue de son excentrique famille (de son - vrai - père en mode artistique qui ne comprend pas du tout l'anglais à sa sœur exhibitionniste - et coscénariste - en passant par son ex qui utilise les services Speed Beuh) va bouleverser son quotidien d'artiste photographe à 2 jours de vendre son âme à Vincent Gallo et d'amoureuse au bord de la rupture (en raison des quiproquos lors des "conversations" entre papa Delpy et Chris Rock, des disputes entre les frangines ou des actions des néotouristes et futurs expulsés). Julie Delpy multiplie les scènes outrancières (Qui peut encore regarder une brosse à dents électrique sans se souvenir de la veille ?) et autres caricatures afin de trousser une hilarante comédie des mœurs. Léger, requinquant mais pas anodin.

  8. L'Odyssée de Pi - (8) adapte le roman de Yann Martel, longtemps considéré comme inadaptable. Malgré la gageure, Ang Lee s'est lancé dans l'aventure et nous propose une relecture 3 D initiatique qui plonge, à la suite du naufrage du bateau qui conduisait sa famille en Amérique, le jeune Piscine Molitor "Pi" Patel en plein océan, partageant son canot de sauvetage avec un tigre, Richard Parker. Pendant 227 jours, il va s'ingénier à survivre à l'océan et au tigre affamé, croisant ici une île improbable, là un banc de poissons volants. Ce voyage onirique voire ésotérique devient un trip graphique qui séduit autant par sa fausse naïveté que par sa maestria formelle, ses effets réussis que son twist inattendu, le réalisme de Richard Parker que l'interprétation subtile du débutant Suraj Sharma. Une belle réussite de Noël, en somme.

  9. Cloclo - (7,5) est la réponse 70's à la Môme (O.Dahan - 2007). En effet, Florent Emilio Siri (Nid de guêpes - 2002, l'Ennemi intime - 2007) - inattendu dans ce registre - nous offre la photographie d'une carrière brillante et d'une rare modernité, celle de Claude François. De son enfance égyptienne et aisée à la douche fatale, en passant par la haine paternelle et les tournées groupies, on (re)découvre un personnage digne d'un roman par ses crises d'autoritarisme, de jalousie et de perfectionnisme. Il faut dire que l'incarnation et le mimétisme de Jérémie Renier sont époustouflants, au point de ne plus pouvoir distinguer le vrai de l'imitateur. Il habite le chanteur, autant dans ses fragilités (notamment féminines) que dans ses chorégraphies. Bien sûr, il vaut mieux aimer ses chansons pour apprécier ce biopic. Mais l'honnêteté des acteurs, la maestria de la mise en scène et la vie plutôt remplie de Cloclo font paraître les 140 mn du film bien courtes.

  10. Bullhead - (7,5) est un polar rural flamand inattendu qui se concentre sur le personnage de Jacky (immense Matthias Schoenaerts) éleveur consommateur et trafiquant d'hormones. Suite au meurtre d'un agent fédéral, la police s'intéresse à son milieu mafieux et force son ami d'enfance à l'espionner. Lorsqu'une jeune femme surgit de son terrible passé, tout est en place pour une explosion incontrôlée. Il faut dire que la brute épaisse du titre ne l'est pas toujours, son histoire nous étant montrés lors de terrifiants flashbacks. Par sa mise en scène inspirée et acérée, son ambiance musicale, son casting à l'unisson, Michael R. Roskam réussit simplement un grand film, nominé cette année aux Oscars, qui nous tient en apnée jusqu'à son triste final. Du grand cinéma mais pas pour tous les spectateurs.

  11. Le prénom - (7,5) est l'adaptation cinématographique d'un triomphe théâtral par ses deux auteurs qui s'entourent de leur casting originel (à l'exception notable de Jean-Michel Dupuis débarqué par Charles Berling). S'ils ne parviennent jamais à nous faire oublier l'origine théâtrale de ce projet, la mécanique efficace de ce Prénom nous amuse très rapidement. Il faut dire que le quintet principal ne se ménage pas, se balançant leurs pires secrets et fausses bonnes consciences au visage lors d'une soirée massacrante où leurs amitiés et non-dits seront remis à zéro car le choix problématique du prénom du futur enfant de Patrick Bruel ouvre la porte des écuries d'Augias de ces bobos bien pensants. Dès lors, entre rires francs et malaises évocateurs pour tous les spectateurs, on ne regrette pas que le duo Bacri-Jaoui ait enfin un concurrent réel.

  12. Argo - (7,5) prouve une fois de plus que la réalité est toujours plus incroyable et trépidante que l'imaginaire scénaristique. En effet, comment croire à cette évasion folle si historiquement elle n'était pas vraie ? Ainsi, Ben "futur oscarisé" Affleck nous plonge au cœur de la crise des otages américains en Iran alors que six d'entre eux ont pu se réfugier chez l'ambassadeur canadien. Pour les exfiltrer, un membre de la CIA, interprété tout en cheveux et col à tarte par Affleck, imagine de créer un faux film de science-fiction afin de faire passer les personnels de l'ambassade pour des personnels techniques. Epaulé par deux producteurs hollywoodiens - Alan Arkin et John Goodman plus vrais players que nature, la supercherie lui ouvrira les portes de l'Iran fanatisé et de la libération miraculeuse. Filmé efficacement comme un thriller et soutenu par une reconstitution réussie, on transpire et on retient notre souffle notamment lors du final aéroporté tendu comme rarement et de cet appel téléphonique crucial. Un grand film sur une péripétie invraisemblable et véridique.

  13. Amour - (7,5) est une histoire d'amour absolu octogénaire dont l'un des deux - Emmanuelle Riva bouleversante - sombre peu à peu, à la suite d'une attaque cérébrale qui l'a laissée partiellement paralysée. Alors qu'elle ne veut plus de cette déchéance, son époux - impressionnant Jean-Louis Trintignant à la voix reconnaissable entre mille - organise les soins malgré elle, gérant un quotidien de plus en plus périlleux et une fille - Isabelle Huppert - impuissante et moralisatrice. Pourtant malgré le potentiel sordide de ce déclin, Hanecke transcende ce qui aurait pu être un pensum voyeuriste ("J'ai maaal") et nous fait ressentir l'amour fou de cet homme pour sa femme - notamment lorsqu'il lui raconte une histoire d'enfance et son terrible final - en filmant au rythme de ses acteurs et en plans resserrés, comme si l'univers se résumait à eux. Triste et profondément humain, cette Palme d'or est parfaitement justifiée et doit être vue malgré les appréhensions légitimes de son sujet.

  14. The Dictator - (7,5) est un hilarant one-man show de Sacha Baron Cohen dont les productions récentes m'avaient convaincu, à l'image de Borat ou Bruno (L.Charles - 2006 / 2009), que son humour n'était pas le mien. Or, malgré les outrances attendues (et quelques parties intimes volantes), ce Dictateur est une irrévérencieuse réussite. Ainsi, pour décrire la reconquête de son pouvoir par un dictateur barbu, le duo Cohen - Charles multiplie les scènes cultes (le bon usage de l'adjectif médical aladeen, l'adaptation d'Aladeen à la vie civile dont les relations commerciales jouissivement délicates, les éliminations des opposants...) et les doubles sens permanents, Cohen excellant dans l'absence de 2nd degré dans son discours toujours compris par ses interlocuteurs au 2nd degré. Assurément aladeen.

  15. God Bless America - (7,5) est un mix parodicomique improbable de Tueurs nés (O.Stone - 1994) et Léon (L.Besson - 1994). En effet, on suit les pas de Frank (Joel Murray en mode Droopy), récemment renvoyé et atteint d'une tumeur cérébrale inopérable qui décide, avant de mourir, d'éliminer les personnes les plus stupides et ignobles des États Unis. Après avoir tué une odieuse fille à papa star d'une téléréalité, il rencontre une lycéenne (Tara Lynne Barr en mode terminatrice espiègle) qui décide de s'intégrer à sa croisade libératrice. Commence alors une road-trip sanglant et satyrique dont l'aspect fortement malsain disparaît devant la complicité jubilatoire de notre improbable duo de justiciers. Jusqu'au-boutiste et immoral, GBA rappelle qu'il faut éteindre son mobile et ne pas parler trop fort dans une salle de cinéma.

  16. Margin Call - (7) est un thriller économique palpitant qui nous place au sein d'une firme de Wall Street (qui a dit Merrill Lynch ?) dont un des employés a découvert la potentielle ruine future. Dès lors, en se concentrant sur 24 heures, J.C.Chandor nous propose un décryptage de l'univers sanglant des traders, en opposant une certaine morale (soutenue par Kevin Spacey) à un cynisme de survie (Jeremy Irons parfait en liquidateur de l'économie mondiale). Multipliant les personnages (incarnés par des acteurs chevronnés) et les visions de cet évènement (des sacrifiés aux promus), il nous tient en haleine pendant plus de 2 heures dans ce buché des vanités où l'information est la plus importante des armes. Glaçant mais palpitant.

  17. Une nouvelle chance - (7) permet à Clint Eastwood de retrouver son personnage de vieux bougon misanthrope à l'extérieur mais humain au fond. Pour ce faire, il devient un recruteur de baseball pratiquement aveugle à la lisière du renvoi secondé par sa fille unique - la toujours rafraichissante Amy Adams - et délaissée. Alors que son avenir est lié à l'engagement ou non d'un batteur, le jeu perd de son importance pour des retrouvailles familiales règlement de compte matinées de romance - Justin Timberlake en mode Tom Cruise, d'amitiés fidèles - John Goodman - et d'antijeunisme - Matthew Lillard en mode tête à claques. Entouré par son directeur photo, son monteur et son ancien assistant réalisateur, Clint est en confiance et prouve une fois de plus le grand Monsieur qu'il est. Peut-être pas son meilleur rôle, mais largement suffisant pour passer un bon moment.

  18. Killer Joe - (7) est l'archétype du polar poisseux. En effet pendant 102 mn, William Friedkin s'ingénie à dépeindre un quintet malsain (afin de payer ses dettes, un fils - Emile Hirsch - organise l'assassinat de la mère partie pour toucher une assurance-vie destinée à sa jeune sœur - lumineuse sacrifiée Juno Temple - en faisant appel à un flic tueur à gages - Matthew McConaughey amateur de cuisses de poulet) dans un quotidien violent et médiocre. Il multiplie d'ailleurs les scènes chocs (de la rencontre de Joe avec son ange Dottie au huis-clos final et apocalyptique, en passant par un passage à tabac endetté), soutenu, il est vrai, par 5 excellents acteurs (car il ne faut pas oublier Gina Gershon maltraitée par McConaughey en mode Killer Inside Me et Thomas Haden Church lâche par excellence). Bien sûr, ce film n'est pas grand public, mais le voyage en vaut la chandelle.

  19. Anonymous - (7) est un thriller historique élisabéthain qui se propose de donner un vrai visage à l'auteur des pièces signées par William Shakespeare. Ainsi, suit-on le comte d'Oxford (méconnaissable, mais habité Rhys Ifans) manipuler deux jeunes "auteurs" à des fins politiques. Si cette théorie est parfaitement crédible, le plus surprenant dans cette reconstitution minutieuse - et qui délaisse largement l'auteur pour ne s'intéresser qu'au crépuscule du règne d'Elizabeth - est la présence, presque incongrue, du spécialiste de la destruction terrestre, Roland Emmerich, à la mise en scène. Cette fois, il nous offre une tragédie grecque qui aurait mérité un triomphe public et un final moins théâtral. Hélas, "c'est un félon."

  20. Tyrannosaur - (7) n'est pas un voyage au pays des Bisounours où l'espoir et les relations humaines vous apportent sourires et doux rêves. En effet, Joseph (rugueux - et c'est un euphémisme - Peter Mullan) est un veuf violent (même - voire surtout - envers ceux qui l'aiment), abjectement misanthrope (les pénibles larmes d'Olivia Colman en témoignent) dont le quotidien se déroule entre beuverie et rixes. Après un nième passage à tabac, il croise la route de la lumineuse (et si douloureusement fêlée) Hannah et s'emploie à la changer, désirant détruire toute parcelle de bien-être en elle. Ce qu'il ignore est que celle-ci est déjà cabossée par la vie, son mariage n'étant en rien un conte de fée (Eddie Marsan en forme urinaire). Dès lors, leurs fêlures constitueront les prémices de leur improbable rédemption. Si le duo Colman - Mullan est incroyablement brillant, la mise en scène du débutant Paddy Considine est un écrin inspiré zébré d'images fortes (à l'instar de cette tête de chien reposant sur les genoux d'un Joseph hagard et maculé de sang assis dans son fauteuil). Un film tétanisant mais à voir assurément.

  21. Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout - (7) marque le retour de Peter Lord et des studios Aardman sur le devant de la scène animée. Après les poules (Chicken Run - 2000) et quelques productions lycanthropes (Wallace & Gromit : le Mystère du Lapin-Garou - N.Park & S.Box - 2005) et murines (Souris City - D.Bowers & S.Fell - 2006), il s'attaque à l'ère victorienne en suivant les pas du pire des pirates prêt à tout pour gagner le trophée du pirate de l'année. Sa rencontre avec Charles Darwin, amoureux de sa reine, l'amènera à vendre sa mascotte, l'ultime dodo, pour la gloire. On retrouve tout le charme des productions passées, mélange de Tex Avery (la poursuite en baignoire ou l'arrivée des 3 capitaines) et de multiples niveaux référencés, démontrant que l'avenir n'est pas exclusivement en images de synthèse.

  22. Indian Palace - (7) plonge une poignée de retraités britanniques (et notamment le magnifique quatuor Dench - Smith - Nighy - Wilkinson) dans un hôtel de Jaipur que le jeune gérant (Dev Patel en mode dépassé) désire réserver aux séniors. Hélas, entre la brochure alléchante et le délabrement du Marigold, les attitudes et les motivations plus que disparates, les situations économiques variées, le voyage (ou non) vers la découverte d'une culture différente ne sera pas aussi calme que l'âge des protagonistes pouvait laisser le supposer. Le récital communicatif du quintet principal nous éloigne assurément du périple arthritique redouté pour souligner que la jeunesse est plus un choix qu'un état et que le canon hollywoodien n'est pas le seul aboutissement possible.

  23. L'âge de glace 4 - La dérive des continents - (7) ramène la franchise préhistorique (2002 - 2006 - 2009) au niveau original (C.Saldanha), agrémenté par une 3D relativement discrète bien qu'efficace. Si la migration des animaux afin d'échapper aux eaux (cette fois glacées) est la copie du 2nd volet (S.Fjedelmark), le duo de réalisateurs la double d'un improbable bateau de pirates et du retour des parents de Syd venus lui abandonner sa grand-mère. Si on peut regretter l'orientation enfantine de la saga (et d'une vision proprette de l'ado voulant s'émanciper de ses parents), les incertaines apparitions de Scrat (et notamment l'ultime), la qualité de l'animation ou les péripéties soutenues de ce 4e opus en font un très agréable divertissement familial.

  24. Rebelle - (7) prouve que Cars 2 (J.Lasseter & B.Lewis - 2011) n'était qu'un accident de parcours dans l'incroyable aventure de Pixar car même si pour la première fois, les génies d'Emmerville mettent en scène une spécialité Disney, la princesse indépendante, ils le font avec un sens du rythme et du délire qu'ils maitrisent depuis des années. Ainsi nous offrent-ils l'émancipation réciproque de Merida et sa mère, la reine Elinor, qu'un vœu malheureux va transformer en ourse, rappelant sans mal Frère des ours (B.Walker et A.Blais - 2004) ou la Belle et la Bête (G.Trousdale & K.Wise - 1991). Mais leur talent pour développer les seconds rôles (entre les triplés roux intenables ou les seigneurs écossais), la perfection de leur animation ou les gags visuels élaborés transcende cette histoire - malgré quelques chansons à oublier - et nous offre un divertissement familial estival réussi.

  25. L'amour dure trois ans - (6,5) est une comédie romantique littéraire très régulièrement jubilatoire qui place le clone de Beigbeder (Gaspard Proust en mode dandy maladroit) sur la route de la craquante et lumineuse Louise Bourgoin. En jouant avec les codes cinématographiques (Proust s'adressant constamment au spectateur) et les icones (de JoeyStarr en mode YMCA à Marc Lévy en mode victime expiatoire d'un écrivain sans succès), l'auteur de 99 F (J.Kounen - 2007) nous amuse (notamment grâce à la parfaite éditrice littéraire Valérie Lemercier). Bien sûr, l'Amour... est clairement parisianiste (notamment pour sa faune) tendance bobo, avec tous les tics et affèteries du 5e Arrondissement. Mais la qualité des dialogues et l'ambiance souvent délirante rendent le tout très plaisant.

  26. Skyfall - (6,5) fait oublier le pathétique Quantum of Solace (M.Foster - 2008) en rendant, par ses nombreux clins d'œil à la saga, un hommage aux 50 ans passés et redonnant toute leur légitimité à Daniel Craig et à Judi Dench. Hélas, en se concentrant sur une vengeance, le trio de scénaristes commet 2 lourdes erreurs : rendre pratiquement inutile la présence de la James Bond Girl - Bérénice Marlohe en mode potiche - et retarder indéfiniment l'arrivée du méchant - 90 mn au chrono ! Heureusement, le superbe générique, les arrivées d'un Q geek et d'une nouvelle Moneypenny, la folie de Raoul Silva, le final jusqu'au-boutiste ou le fragile humanisme de JB rendent ce film, pourtant un peu long, appréciables. M est ... Vive M.

  27. Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes - (6,5) a le sérieux désavantage de suivre la trilogie originelle de ce succès de librairie. Pourtant, grâce au génial David Fincher, cette relecture n'est pas qu'un nième remake inutile. En effet, même si le duo Daniel Craig - Rooney Mara ne parvient pas à faire oublier Michael Nyqvist et Noomi Rapace, la force de cette adaptation réside en son scénario plus proche du roman que le premier film. Ainsi, David Zillian n'oublie pas, par exemple, la vengeance financière contre Wennerström ou les relations intimes entre les têtes pensantes de Millenium. Evidemment, la disparition de Harriet Vanger et les relations du duo principal demeurent au centre du film de Fincher, mais cette version corrige les petites frustrations laissées par la version suédoise. Espérons que les 2 prochains chapitres conserveront cette bonne impression.

  28. The Dark Knight rises - (6,5) achève la trilogie que Christopher Nolan a consacrée à la résurrection du Chevalier Noir. Hélas, sa conclusion souffre du syndrome Empire contre-attaque (I.Kershner - 1980) : malgré de réelles qualités (essentiellement la relation Batman - Catwoman) et une durée conséquente qui passe en un instant, cet ultime opus souffre de la comparaison avec son prédécesseur, le fantôme hallucinée de Heath Ledger planant toujours en la défaveur des nouveaux méchants. Malgré un retour logique des Ombres de Ra's Al Ghul et une réhabilitation de Bane, jamais ces derniers n'instillent autre chose qu'une vision monochromatique de l'univers de Gotham, bien loin de la terrible profondeur empathique de Double Face et du Joker. Dès lors, la lutte de Batman n'apporte guère plus (voire moins... quand on se focalise sur l'interprétation pathétique de Marion Cotillard) que n'importe quel film de superhéros réussi. Heureusement, la scène finale nous propose la meilleure conclusion possible, réduisant considérablement la déception de notre attente. Espérons que le reboot futur (et probable) ne sera pas que mercantile...

  29. Viva Riva ! - (6,5) est un polar africain jusqu'au-boutiste rare sous nos latitudes qui suit les pas d'un trafiquant de retour au pays après avoir volé à son employeur un camion d'essence. Ce retour va plonger le "héros" (Patsha Bay, amateur comme la quasi-totalité du casting) dans un Congo loin de toute représentation touristique où règnent pots-de-vin, meurtres, prostitution et caïds de tous bords (truands et autorité) pour un chaos hypersexué et amical, néanmoins. Bien sûr, les amoureux de scénarii finement ciselés pourront critiquer, à juste titre, les ficelles caricaturales parfois utilisées ou l'incongruité de certains personnages (à l'instar de la commandante lesbienne corrompue) mais cette balade à Kinshasa est suffisamment dépaysante pour mériter le détour.

  30. The Raid - (6,5) aurait pu être un pastiche anachronique (un metteur en scène gallois, Gareth Evans, redéfinit le film d'art martial indonésien à Jakarta). Mais grâce à une réalisation enlevée et une action en grand huit, il crédibilise cette histoire de chasseurs - une escouade de flics incorrompus (tibles ?) devenus cible des malfrats qu'ils auraient du arrêter - lorsque leur présence est détectée. Dès lors, la capture du méchant au 15e étage de l'immeuble investi s'apparente davantage à leur unique porte de sortie qu'à leur mission initiale. Bien sûr, la trame psychologique est aussi mince que le script de n'importe quel shoot'm up basique. Mais les performances physiques du duo Iko Uwais - Yayan Ruhlan, la perversité tranquille de Ray Sahetapy et la pincée d'Abel - Caïn rendent jouissives les 90 mn de baston (quasi)ininterrompues.

  31. Madagascar 3, Bons baisers d'Europe - (6,5) creuse le sillon des productions Dreamworks, alternant suites plus ou moins inspirées (les séries Shrek et Kung Fu Panda) et créations originales (à l'instar de Dragons - C.Sanders & D.Deblois - ou Mégamind - T.McGrath - 2010). Ce 3e volet des (més)aventures d'Alex, Marty, Melman et Gloria conduit la fine équipe - pingouins, singes et lémuriens inclus - à travers l'Europe afin d'échapper à une agent vétérinaire vindicative (et française) pour pouvoir retrouver leur zoo new-yorkais. Coloré à l'image du cirque animalier dont ils deviennent les propriétaires et profondément animé (enfin une 3D utile !), M3 multiplie les gags et les timings improbables au plus grand plaisir de toute la famille. Espérons que la suite (Dreamworks oblige) sera à la hauteur.

  32. Lola versus - (6,5) voit l'héroïne - Greta Gerwig, adorablement superbe - se faire plaquer à 3 semaines de son mariage. On suit alors son quotidien très Friends / HIMYM / Sex in the City partagée entre son ex - Joel Kinnaman, son meilleur ami et futur ex - Hamish Linklater caustique à souhait - et sa meilleure amie et future de son futur ex - Zoe Lister Jones. Malgré un scénario paresseux qui confond trop souvent juxtaposition de saynètes et chapitres construits, le charme de Greta opère pleinement entre désillusions, hésitations et remises en questions. Bien sûr, le tout ne bouleverse pas la comédie romantique, mais l'évolution - parfois candide - de cette trentenaire s'apprécie sans cynisme.

  33. Les Mondes de Ralph - (6,5) poursuit la mode des antihéros débutée avec Moi, moche et méchant (P.Coffin & C.Renaud - 2010) et Mégamind (T.McGrath - 2010). Cette fois, c'est le méchant d'un jeu d'arcade qui se désespère d'être rejeté et décide de passer du côté obscur du Mal et faire le bien en devenant enfin un héros. Bien sûr, l'Enfer étant pavé de bonnes intentions, son aspiration positive provoquera de nombreux accidents collatéraux plus ou moins heureux, (à l'instar de sa rencontre avec Vanellope Von Schweetz ou de la romance Calhoun / Félix Fixe). Rebondissant, énergique et joliment animé, Ralph... aurait dû casser la baraque de Noël... Hélas, et franchement sans aucune raison, le public français lui préfère pour l'instant l'insipide rédemption de Jack Frost dans les 5 légendes (P.Ramsey). Alors courrez réparer cette injustice.

  34. Guilty of Romance - (6,5) est un trip sexué hallucinogène sur un Japon moderne schizophrène. Ainsi suit-on Izumi (magnifique et pulpeuse Megumi Kagurazaka), jeune femme effacée qui se dévoue entièrement au confort de son écrivain de mari. S'ennuyant, celle-ci devient malgré elle modèle de charme, se découvrant alors dans tous les sens du terme, qu'une rencontre avec une professeur de littérature - et prostituée à ses heures - (Makoto Togashi sur le fil du rasoir) va totalement bouleverser dans son quotidien et son environnement. Découpée en chapitres, cette plongée sous influence dans la déchéance souhaitée ou choisie mélange alors références kafkaïennes ou kubrikiennes, folie (Que dire du thé familial chez Mitsuko ?) et enquête policière, érotisme et trip coloré, ridicule et sordide, témoignant de la maîtrise de Sono Sion, peu connu sous nos tropiques mais assurément à suivre.

  35. The Impossible - (6) raconte une histoire de survie improbable mais vraie lors du Tsunami de 2004. Venus en vacances en famille en Thaïlande, Naomi Watts et Ewan McGregor se voient être séparés, la première avec le fils aîné et le second avec les 2 autres fils. Alors que blessée, la mère est soignée dans un des hôpitaux dépassés par la tâche à accomplir, le père, comme de nombreux survivants, parcourt la ville ravagée afin de retrouver les siens. Bien sur, Juan Antonio Bayona ne peut s'empêcher quelques pathos larmoyants. Bien sûr, la responsabilisation tardive de Tom Holland peut apparaître comme too much. Mais la force de cette histoire est telle qu'on lui pardonne grandement les retrouvailles familiales. Un beau discours d'espoir.

  36. Royal Affair - (6) nous plonge dans l'histoire danoise (au mieux) méconnue du 18e siècle en plaçant le toujours génial Mads Mikkelsen au sein de la cour locale. Médecin et homme de confiance du roi un brin déséquilibré - Mikkel Boe Folsgaard parfait dans la folie borderline, il va entretenir une passion adultérine avec la splendide reine, Alicia Vikander, tout en libérant peu à peu le pays de l'autoritarisme divin, influencé par les philosophes des Lumières. Bien sûr, la vieille garde fera tout pour liquider l'intrus afin de retrouver ses privilèges, aidée par la naissance d'une fille extraconjugale et de l'aliénation de plus en plus grande de Christian VII. La trahison finale et la déchéante régence resteront longtemps dans les mémoires, à l'instar de cet amour fou et libérateur. Un film à montrer à tous ceux qui croient l'Histoire est rébarbative.

  37. Moi, député - (6) est une agréable surprise tant il est rafraîchissant, en cette année multi-électorale (Australie, France, Finlande, Chine, États Unis...), d'assister à une campagne de l'intérieur car grâce à quelques exagérations revigorantes (Ah, ces spots télé politiques !), Moi, député assume pleinement sa charge cynique contre le système, reprenant les conseillers en image, les faux-semblants (avant les débats télévisés), les coups bas (enivrer son concurrent pour pouvoir le dénoncer aux autorités), les icones (Ah, frapper un bébé et un chien !) ou les relations sexuelles prohibées (vive les stagiaires) qui font le sel (ou pas !) des élections.

  38. Le Hobbit : un voyage inattendu - (6) doit relancer l'engouement pour les Terres du Milieu. Mais si Peter Jackson revient après quelques péripéties à la baguette du projet, le Hobbit n'a pas la même envergure que la trilogie originelle (2001 - 2002 - 2003) - comment comparer le Mal et un simple dragon ?. Pourtant, c'est avec beaucoup de plaisir que l'on se replonge dans les montagnes néozélandaises, retrouvant d'anciens compagnons (Gandalf le Gris et Gollum), tentant de supporter les nouveaux (des nains aux trolls puériles) en espérant que les prochains épisodes donneront davantage de souffle épique que de petites escarmouches à la 3D mercantile. Pour cela, on attendra Noël 2013 et Juillet 2014 et on espérera des versions longues qualitatives.

  39. Trust - (6) met en scène les conséquences sur une famille heureuse d'une prédation pédophile et internet. La jeune Liana Liberato (découverte toute en subtilité et à suivre) entretient pendant de nombreuses semaines une relation texto avec un individu qui s'avère loin de l'ado, puis de l'étudiant qu'il prétend être. Son passage à l'acte et la négation de son viol bouleversent ses parents, et particulièrement son père (Clive Owen extrêmement crédible en vengeur en devenir) prêt à tout pour oublier son aveuglement. Avec ce film de facture classique, David Schwimmer ne surfe pas que sur l'air du temps (puisqu'il porte ce projet depuis un septennat) mais propose une étude sociétale et humaine - grâce à son refus d'effets faciles et à son casting tout à fait efficient - qui émeut davantage que prévu.

  40. Sugar Man - (6) est un documentaire consacré à Sixto Diaz Rodriguez, rocker qui disparu de la scène après la sortie quasi indifférente de Cold Fact en 1970. Pourtant, en Afrique du Sud, cet album devint un symbole de la lutte contre l'Apartheid. Malik Bendjelloul part donc de ce succès ultralocalisé pour nous proposer un double portrait, à la fois géopolitique et artistique, avant de basculer complètement à mi-parcours par les retrouvailles avec le rocker plus que vivant. Je défie alors quiconque de ne pas vibrer à son retour sud-africain et à cette musique pas si éloignée de celle de Johnny Cash, tant Bendjelloul sait développer l'empathie pour ce septuagénaire droit dans ses bottes schizophrènes : inconnu dans son Détroit et star des Townships.

  41. Le territoire des loups - (6) débute comme un survival hypertestosteroné (avec le crash d'un vol rapatriant le personnel masculin d'une compagnie de forage au milieu de l'immensité glaciale du grand Nord) avant de glisser subtilement vers une quête existentielle (pour les rares survivants traqués par une meute de loups aux motivations presque humaines). Bien sûr, la survie (ou non) des rescapés menés par Liam Neeson est un ressort important de ce divertissement intelligent, mais il est loin d'en être le seul. Ainsi, les relations mystérieusement ambigües entre Ottway et le chef de la meute lupine, les flashbacks tendrement en rupture avec la réalité de la fuite ou des personnages pas aussi monolithiques que prévus soulignent subtilement la mise en scène de Joe Carnahan. Sans doute pas un chef d'œuvre, mais beaucoup plus qu'un action-movie oublié dès la sortie de la salle de ciné.

  42. Avengers - (6) souffre des trop grandes attentes qu'il a suscitées. En effet, lorsque le génial créateur de Buffy (1996 - 2003) et Angel (1999 - 2004), Joss Whedon, adapte un fantasme de geeks - la réunion de 6 superhéros Marvel, on attend le film ultime du genre capable de détrôner enfin la série des X-Men (2000 - 2003 - 2006 - 2011) et l'exceptionnel Batman Returns (T.Burton - 1992). Pourtant, même s'il parvient à faire exister et pas seulement coexister ses stars [notamment Mark Ruffalo dont le Hulk surpasse sans mal ceux d'Eric Bana (A.Lee - 2003) et d'Edward Norton (L.Leterrier - 2008) et vole la vedette à ses condisciples dès qu'il apparaît], les Avengers n'arrivent jamais à dépasser son statut de divertissement réussi, la faute principale étant largement imputable au personnage de Loki qui ne parvient jamais à crédibiliser la menace pesée sur la terre par ses troupes. Tout le monde le sait : la qualité d'un thriller est personnifiée par l'envergure de son méchant. Ici, Loki dépasse de peu le père du Hulk d'Ang Lee, étalon absolu de la nullité. Dès lors, malgré l'abattage de l'équipe de Nick Fury, le charme n'opère pas autant qu'il le devrait. Faisons confiance aux scénaristes du prochain opus pour gommer ce semi-échec car les acteurs (et leurs personnages) le méritent.

  43. Astérix & Obélix : Au service de Sa Majesté - (6) vaut bien mieux que les critiques sévères - et le lamentable souvenir du précédent (T.Langmann & F.Forestier - 2008) opus - ne le laissent entendre. Certes, on sourit au lieu de rire, mais en faisant le choix d'adapter les albums Chez les Bretons et Chez les Normands, Laurent Tirard s'offre un univers coloré où il peut multiplier les anachronismes et les délires visuels (Ah, ce reboot d'Orange Mécanique) bien épaulé par Edouard "J'ai envie de dire..." Baer, Gérard "Je ne suis pas gros, simplement enveloppé" Depardieu et Fabrice "Plus César qu'Alain Delon" Luchini. Certes, la folie de Chabat n'est pas là. Mais cette résurrection est presque inespérée. Espérons, même si j'en doute, que le public suivra.

  44. Eva - (6) est une surprise et pratiquement une révélation. En effet, rarement une coproduction européenne avait su rivaliser dans le domaine de la science-fiction avec Hollywood. Or, l'histoire d'Alex (Daniel Brühl toujours parfait), ingénieur en robotique revenu chez lui afin de créer le premier enfant-robot, parvient sans mal à faire oublier ses références outre-Atlantique (qui a dit I, Robot - A.Proyas - 2004 ?), en choisissant notamment d'encrer son univers futuriste de 2041 dans une réalité toute actuelle (économisant évidemment des effets spéciaux superflus et coûteux) et en privilégiant l'humanité/psychologie des créatures et de leurs créateurs. En outre, l'interprétation de la jeune Claudia Vega, les thèmes d'échec personnels des héros et les androïdes crédibles contribuent au charme d'un film qui aurait pu avoir sa place dans l'anthologie Twilight Zone (1959 - 1964).

  45. Cheval de guerre - (6) ramène Steven Spielberg sur le devant de la scène à peine 5 mois après les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne. Alors que ce dernier était à la pointe du progrès numérique, ce Cheval..., qui adapte le roman de Michael Morpurgo, est un retour au cinéma sans artifice. Ainsi, il dépeint l'amitié entre un jeune paysan, Albert, et son cheval, Joey, racheté par un capitaine d'infanterie et envoyé sur le continent lors du premier conflit mondial. Multipliant les péripéties comme un serial entre assauts, rencontres et fuites, Spielberg alterne aussi mélo (les ultimes retrouvailles médicinales, par exemple) et réflexions humanistes (à la Joyeux Noël - C.Carion - 2005). Ce Cheval est donc épique, sentimental et familial.

  46. End of Watch - (6) suit à la mode Cops / found footage deux jeunes flics de LA - Jake Gyllenhaal et Michael Peña parfaits - tour à tour héros et salles gosses farceurs, Rambo en puissance et proies de ball-trap. Le réalisme de la mise en scène parfois limite Shoot'm up contribue d'ailleurs à nous plonger dans ce quotidien ultraviolent et parfois dérisoire où l'amitié semble être l'ultime rempart face à la folie des gangs. Si l'on pourra toujours regretter que David Ayer n'étoffe pas davantage la psychologie des personnages se concentrant essentiellement sur la forme, le final inattendu et vain conclue parfaitement ce bon polar.

  47. Elle s'appelle Ruby - (6) est un film paradoxal. En effet, après un début jubilatoire, le duo, à la tête du chef d'œuvre Little Miss Sunshine (2006), se perd dans une histoire digne de Charlie Kaufmann (un auteur en mal d'inspiration - Paul Dano toujours lunaire et vieilli de 6 ans - voit l'héroïne - Zoe Kazan - de son 2nd roman prendre vie), ne parvenant jamais à maintenir l'empathie pour ses protagonistes, notamment en raison des personnages secondaires franchement superficiels (à l'instar d'Annette Bening et Antonio Banderas, mère et beau-père new-Age du héros). Pourtant, cette improbable comédie romantique avait des atouts comme le souligne son final réussi.

  48. Arbitrage - (6) suit un magnat de la finance new-yorkaise - parfait et sobre Richard Gere - dans sa lutte pour échapper à la noyade et la débâcle aussi bien financière - il doit vendre son empire afin que personne ne dévoile ses malversations - que familiale - sa jolie maîtresse française - qui ne craquerait pas pour Laetitia Casta ? - meurt lors d'un accident de voiture - que judiciaire - l'inspecteur Bryer - Tim Roth prêt à tout pour l'arrêter - est convaincu de sa culpabilité. L'histoire se concentre alors sur une interminable journée qui le verra tout sauver / perdre. La scène finale est d'ailleurs une petite merveille de mise en scène qui l'amène au sommet de son monde apparent alors que sa famille s'éloigne de lui. Ce thriller économique n'est certes pas à la hauteur de Margin Call (J.C.Chandor), mais vaut largement sa place de cinéma.

  49. La Taupe - (6) est l'antithèse des films d'espionnage moderne (Jason Bourne-like - 2002 - 2004 - 2007). En effet, l'action est réduite à son minimum, incarnée par le taiseux Oldman parfait dans ce thriller 70's, adapté des romans de John Le Carré. Viré de son poste d'espion après l'échec d'une mission, George Smiley se retrouve à enquêter en toute discrétion sur l'éventuelle présence d'un agent double au sein de la direction du MI 6. Sur un scénario complexe (voire excessivement tortueux), un casting de haute volée (John Hurt ou Colin Firth notamment) se croise sur ce film d'une autre époque, Tomas Alfredson prenant son temps pour installer sa lente atmosphère déprimante et délavée. Pas une révolution, mais un agréable voyage dans le temps.

  50. 21 Jump Street - (6) n'est pas (et heureusement !) l'adaptation fidèle de la série des années 80 mais un reboot (qui conserve le commissariat-église) vitaminé qui suit les débuts plutôt difficiles d'un duo de jeunes recrues inefficaces chargé d'infiltrer un lycée afin de démanteler un trafic de stupéfiant létalement nouveau. Entre seconde chance (Jonah Hill et Channing Tatum s'échangeant leurs places lycéennes) et enquête pathétique (y compris le final), caméos réussis (l'apparition de Johnny Depp) et anachronismes excessifs (les héros sont assurément trop vieux pour être des lycéens), virées alcoolisées et hallucinées, gags réussis (l'hallucination du duo) et ratées (la représentation théâtrale de Peter Pan), on passe globalement un bon moment qui devrait se poursuivre à l'université.

  51. Damsels in Distress - (6) est un ovni indépendant qui nous offre de suivre un quintet d'étudiantes (parfaitement à l'unisson) dans leurs actions quotidiennes. Mais loin des clichés bimbos et décadents, leurs actes et leurs habits sont résolument fraise-bonbon sixties, à l'instar de leur improbable club anti-suicide dont la meneuse, l'évanescente Greta Gerwig, prône l'usage d'une savonnette particulière ou de la danse afin de retrouver le moral. Dès lors, bien que totalement désuet, voire incongru (Ah, la religion cathare...), le charme de leurs aventures (amoureuses, amicales ou scolaires) agit pleinement et fait de ce qui ne devrait être qu'une bluette de plus un film attachant et pas si naïf que ce qu'il parait être. Une plongée subtile, rétro et décalée.

  52. Voyage au centre de la terre 2 : l'Île mystérieuse - (6) renouvelle le hold-up 3D du 1er opus (E.Brevig - 2008). En effet, sur un scénario à la Jules Verne (un fils - Josh Hutcherson déjà héros du film original - et son beau-père - Dwayne "The Rock" Johnson en mode Mr Propre - partent à la recherche du grand-père - Michael Caine - disparu et découvrent une île volcanique aux créatures animalières merveilleuses) qui nous plonge rapidement dans l'action et les aventures, les effets 3D nous font oublier les clichés et les personnages caricaturaux de ce pur divertissement familial. Bien sûr, ça n'a rien de révolutionnaire, mais on passe un bon moment. Alors pourquoi faire la fine bouche ?

  53. Projet X - (6) débute comme un nième film caméscopé suivant les pas d'un trio de losers lycéens décidés à organiser une fête chez l'un d'entre eux. Si la mise en place de la soirée et les espoirs sexués des organisateurs ne sont en rien originaux, le film prend toute sa valeur avec la dégénération de la party qui a au moins le mérite d'être jusqu'au-boutiste (même si l'hommage au prologue de l'Arme fatale 4 - R.Donner - 1998 - témoigne davantage de la gueule de bois des scénaristes que de la bonne idée). Evidemment, certains s'offusqueront de l'éventuel message porté par ce Projet (Fête de jeunes = du Q, de l'alcool, de la drogue et de la destruction), mais c'est prendre ce divertissement pour plus qu'il n'est : un film fun et popcorn !

  54. Jason Bourne : l'héritage - (6) s'annonçait mal tant le pitch dénotait clairement l'aspect mercantile du projet : faire un film sur l'univers Jason Bourne (la Mémoire dans la peau - 2002, la Mort dans la peau - 2004, la Vengeance dans la peau - 2007) SANS Jason Bourne, Matt Damon considérant les aventures de ce dernier comme closes. Pourtant, miraculeusement, en suivant les pas du dernier survivant du projet Treadstone, l'agent Aaron Cross aka Jeremy Renner en mode survival, on retrouve le plaisir de la trilogie originelle, toute en poursuites et ruptures. Pour y parvenir, Tony Gilroy, déjà scénariste des 3 premiers volets, développe la conspiration gouvernementale en charge de la création de super-agents secrets dirigée par un sobre Edward Norton, tout en reprenant les figures imposées de la trilogie originelle (fusillade, amnésie, aide féminine assurée cette fois par Rachel Weisz pas forcément à son maximum,...). Si le rythme s'étiole, le tout demeure prometteur pour le prochain volet pas encore annoncé mais financièrement tentant.

  55. Martha Marcy May Marlene - (6) suit en parallèle deux époques de la vie de la débutante Elizabeth (sœur de) Olsen : son quotidien au sein d'une secte à la Family Manson (terrifiant John Hawkes en gourou quasi christique) et sa reconstruction chez sa sœur après sa fuite. Peu à peu, persuadée que la première la pourchasse, elle perd pied et sombre dans une profonde paranoïa. Par sa mise en scène qui ne dissocie jamais présent et passé, Sean Durkin intensifie notre malaise, sans jamais nous donner de pistes rassurantes. En funambule, Elizabeth Olsen illumine ce film indépendant et contribue grandement, à l'instar de la BO inspirée, au plaisir de ce film manipulateur.

  56. Men in Black III - (6) est un petit miracle quasi-inespéré car peu de spectateurs auraient parié sur les retours des agents J et K 10 ans après le plantage du 2nd volet de la franchise MIB (B.Sonnenfeld - 2002) et la production (plus que) chaotique de cet opus. Pourtant, dès que Will Smith et Tommy Lee Jones apparaissent, la magie réopère même si c'est pour une courte durée, puisque l'agent K est assassiné dans le passé, obligeant J à le rejoindre et à découvrir un futur partenaire pas encore taciturne. Le choix de Josh Brolin et l'humanisation de K sont d'ailleurs les principales réussites de ce saut dans le temps qui ne nous laisse que peu de répit entre actions débridés et anachronismes extraterrestres, bonnes idées (l'arrestation de J par des policiers des 60's ou la visite à la Factory) et liens mythologiques (les neurolisateurs des 2 époques, les liens passés et présents entre K et J). Un agréable retour vers le futur, en somme.

  57. Blanche Neige - (6) est une version flashy et dynamité du conte enfantin, où l'excentricité semble avoir été le seul mot d'ordre. Ainsi, Tarsem Singh fait de la douce héroïne (Lily Collins en mode bonbon à la fraise) l'ennemie jurée de sa belle-mère et marâtre (Julia Roberts en surjeu jubilatoire et assumé) lorsque cette dernière décide d'épouser pour son argent le prince benêt (Arnie Hammer parfaitement crédible en idiot du village) malgré son amour pour Blanche Neige. Dès lors, entre loufoqueries (comme les attaques des nains sur échasses) et mauvais goût (la version toutou de Prince charmant), Singh dépoussière pleinement le conte des frères Grimm au point de ne plus conserver grand chose avec nos souvenirs d'enfant. Anodin sans doute, mais assurément revigorant.

  58. Le Jour où je l'ai rencontrée - (6) est une aimable romance adolescente sans aspérité où toute la famille pourra trouver de l'intérêt. Freddie Highmore (en mode enfin adolescent), lycéen (forcément) brillant mais indécis et torturé (dans, par et pour ses études et son futur), tombe amoureux de la Reine du lycée (la populaire nièce de Julia, Emma) qui va découvrir son univers. Bien sûr, tout est hyperbalisé et prévisible (de la réussite du futur artiste George au retour de la Belle lors de la remise des diplômes), mais la fraîcheur du duo complice rend cette comédie romantique sympathique, quitte à effacer les autres personnages (du proviseur à la mère du héros, en passant par son professeur d'arts plastiques).

  59. Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare - (6) plonge Steve Carell (vraiment parfait dans le non jeu) à 3 semaines de la future destruction de la terre par un astéroïde. Si certains ont décidé de poursuivre leur routine comme sa femme de ménage, lui, après le départ de son épouse, aspire à retrouver son amour juvénile. Sa rencontre avec Keira Knightley va lui offrir une autre alternative. Avec peu d'effets (et de budget, reconnaissons-le aussi), Lorene Scafaria parvient à rendre crédible et attachante cette ultime rencontre et à nous faire apprécier ce road-movie final. À voir avant le 22 Décembre 2012.

  60. La Cabane dans les bois - (6) démarre comme toute les nullités horrifiques plongeant des étudiants partis faire la fête dans un coin perdu et moins magique que prévu par la rencontre avec un redneck local dérangé et menaçant. L'excellente idée de ce petit film est l'intervention de scientifiques chargés de mettre en place leur élimination et non pas le classique dégénéré cannibale boucher (et plus si pas affinité). Dès lors, c'est à une perversion du Truman Show (P.Weir - 1998) que l'on assiste, puisque chaque mort est fêté par des ingénieurs amoureux du travail bien fait. Naturellement, tout n'est pas réussi à l'image du final risible, mais les nombreuses références et le Grand-Guignol assumé font passer un petit moment sympathique.

  61. Expendables 2 : Unité spéciale - (6) amplifie le portnawak du 1er opus (S.Stallone - 2010) en ajoutant, au casting original, Chuck "le vrai Jack Bauer" Norris et Jean-Claude "JCVD" Van Damme et en offrant (enfin !) de vrais rôles à Arnold Schwarzenegger (qui a mal vieilli) et Bruce Willis (constamment bon depuis 30 ans). Si on se fiche complètement du scénario et de sa crédibilité (On est quand même dans un revival des 80's où un homme seul pouvait d'un chargeur abattre une compagnie de 100 hommes alors que cette dernière n'arrivait même pas à le blesser !), le plaisir coupable de cet hommage parodique distancié (etc..) est toujours là, Stallone ayant eu la bonne idée de délaisser la mise en scène au profit d'un artisan, Simon West, efficace dans l'action (de Tomb Rider - 2001 - au Flingueur - 2011). Sa réalisation dynamise les aventures de nos héros venus venger l'un des leurs, parvenant à nous donner envie de voir un 3e chapitre.

  62. Les bêtes du sud sauvage - (6) filme à hauteur de petite fille (Quvenzhané Wallis âgée de 9 ans et nominée à l'Oscar de la meilleure actrice) une quête initiatique - la recherche de sa mère disparue (décédée ?) - au cœur d'une Louisiane dévastée et misérable, peu épaulée par un père dépassé et malade et dont les terreurs enfantines se matérialisent sous la forme d'aurochs. Bien sûr, l'extrême lenteur de ce voyage, la caméra plus qu'instable et le patchwork des thèmes abordés (de la lutte des classes en passant par le sauvetage écologique de la planète) peuvent agacer. Mais l'irrésistible Hushpuppy nous emporte malgré tout avec elle, faisant presque oublier les nombreux défauts de ce conte.

  63. Sinister - (6) est le meilleur film d'horreur de l'année, car en nous plongeant dans l'enquête névrosée d'Ethan Hawke (caution sérieuse), Scott Derrickson instille une vraie angoisse et non un sursaut de forme found footage (qui a parlé de Paranormal Activity 4 - H.Joost & A.Schulman ?). Ainsi, suit-on l'auteur d'enquêtes policières s'installer avec sa famille dans la maison d'une morte et y découvrir des films de meurtres de familles. Pensant trouver là le sujet de son prochain best-seller, il s'enfonce peu à peu dans sa propre noirceur quitte à engloutir sa propre famille. Par petites touches - à l'instar de l'image du Boogeyman qui s'anime quand le "héros" regarde ailleurs - souvent malsaines, Derrickson nous conduit vers une fin certes prévisible mais totalement efficace pour ce thriller d'Halloween.

  64. Frankenweenie - (6) est un hommage aux films de monstres de la RKO par Tim Burton qui allonge son Frankenweenie (1984) - un enfant ressuscite son chien écrasé par une voiture - d'une heure en le transformant en dessin animé stop-motion (comme les Noces funèbres - 2005). Hélas, si on ne s'ennuie jamais - notamment aux très nombreux clins d'œil cinématographique, on ne peut que s'interroger sur le manque d'inspiration de Burton tant il semble parodier à l'infini son propre univers gothique depuis quelque années. Certes, ce constat est dur mais c'est parce que j'aime son cinéma et que j'espère le voir à nouveau tutoyer les sommets et non quelques cols paresseux.

  65. Le Lorax - (5,5) reprend un des personnages créés par le docteur Seuss (à l'instar du Grinch ou de Horton) inconnu chez nous sous la baguette française de Chris Renaud, coresponsable de Moi, moche et méchant (2010). Or, s'il nous propose une fable écolo et familiale (afin de séduire la belle Audrey, Ted brave l'extérieur inquiétant afin de dénicher un arbre), on ne retrouve pas l'acidité gentiment méchante de son 1er film d'animation, comme si les responsables d'Universal lui avaient recommandé d'être politiquement correct et générationnellement friendly. Excessivement orienté jeune public (des chansons aux gentils z'animaux caricaturalement disneyens), le Lorax peut néanmoins se regarder sans trop de honte, même si face à la concurrence estivale, on peut s'interroger de l'intérêt de sortir ce film 3 mois après le reste de la planète...

  66. Rock Forever - (5,5) n'a certes pas la puissance de Good Morning England (R.Curtis - 2009) ou la grâce de Jeanne et le garçon formidable (O.Ducastel & J.Martineau - 1998), mais cette relecture musicale du (glam) rock vaut largement plus que sa médiocre réputation. En effet, malgré une romance (quasi) juvénile limite risible et Tom Cruise, le choix éclairé des chansons, les 2nds rôles délirants (de la journaliste Malin Akerman à l'impresario Paul Giamatti en passant par la leader d'une ligue de vertu Catherine Zeta-Jones) et la bonne humeur de l'ensemble peut se voir sans honte, tant que vous ne vous habillé plus comme au cœur des 80's.

  67. Blanche Neige et le Chasseur - (5,5) est la 2nde relecture du conte des frères Grimm à parvenir sur nos écrans. Si la version de Tarsem Singh s'apparentait à un bonbon rose kitsch, celle-ci opte pour l'action et l'aventure grâce au trio Stewart (heureusement plus intéressante que Bella) - Theron (en reine inhumaine et vraiment menaçante) - Hemsworth (qui devra prouver qu'il sait jouer autre chose que Thor). Surfant sur l'Heroic Fantasy des terres du Milieu, Rupert Sanders transforme le duo du titre en meneurs de rébellion, minimise le rôle du prince, invente des personnages importants, tue quelques nains et propose une fin ouverte pour une suite (déjà ?) programmée. Etonnamment, c'est cette version globalement correcte que le public a préféré. À vous de vous faire une opinion.

  68. Des hommes sans loi - (5,5) nous plonge dans l'Amérique bouseuse de la prohibition, au cœur du comté de Franklin, où la fratrie Bondurant trafique localement et paisiblement sous la houlette du frère aîné (Tom Hardy en mode Bane), jusqu'à ce que Guy Pearce, agent fédéral brutal et expéditif, ne vienne transformer leurs relations de voisinage. Sous la baguette de John Hillcoat, cette histoire familiale devient un western (presque) moderne de lutte contre l'injustice étatique. Hélas, l'interprétation caricaturalement infâme de Pearce et le classicisme du scénario qui multiplie les clichés (Ah, la fusillade finale...) déséquilibrent ce film de gangsters, qui s'il se regarde sans déplaisir, s'oublie aussi tôt la salle de cinéma quittée.

  69. Extrêmement fort et incroyablement près - (5,5) est un conte enfantin post-11 septembre. En effet, orphelin de son père (Tom Hanks en mode mineur), le jeune Oskar Schell (Thomas Horn) décide qu'une clé retrouvée dans les affaires paternelles doit nécessairement le conduire à un mystérieux message de celui-ci. Epaulé par le silencieux locataire de sa grand-mère (Max Von Sydow), il va interroger tous les habitants new yorkais prénommés Black et construire son deuil sous le regard protecteur de sa mère (Sandra Bullock). Le principal souci du film de Stephen Daldry est de sortir 3 mois après Hugo Cabret (M.Scorsese - 2012) visuellement et émotionnellement plus fort, au thème voisin. Dès lors, seul l'aspect anodin du film demeure, ce qui est peu.

  70. Nouveau départ - (5,5) est estampillé histoire vraie afin de faire oublier l'absence totale d'enjeu dans cette histoire de redémarrage de vie. Ainsi, suit-on les pas de Benjamin Mee (Matt Damon en mode acteur familial), jeune père récemment veuf, qui espère offrir à sa famille un nouveau chapitre de leur histoire en devenant propriétaire d'un zoo délabré et en s'appuyant sur une équipe humaine et motivée, notamment la séduisante vétérinaire célibataire (Scarlett Johansson en mode normal mais sans succès). Si vous dire que l'histoire est balisée comme un téléfilm du réveillon de Noël (la seule angoisse des protagonistes reposant sur la visite administrative de John Michael "Yes Man" Higgins) ne vous effraie pas, alors vous passerez un agréable moment. Sinon, passez votre chemin car cette bouffée de naïveté et de bons sentiments vous lassera rapidement.

  71. Looper - (5,5) laisse un étonnant sentiment de frustration alors que tout était réuni afin de proposer un nouveau sommet d'anticipation : un duo d'acteurs convaincus (à défaut d'être convaincant) - Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt, le voyage dans le temps qui nous a déjà donné l'exceptionnel l'Effet papillon (E.Bress & J.M.Gruver - 2004), un monde futuriste crédible (Blade Runner - R.Scott - 1982 - fête ses 30 ans...), un zeste de X-Men (le final évoquant clairement une scène du 3e volet - B.Ratner - 2006), une volonté rédemptrice ou le mystérieux RainMaker. Pourtant, sans être totalement décevant, il manque quelque chose pour rendre cette histoire de double palpitante comme un univers graphique plus intense, un maquillage moins visible pour Gordon-Levitt ou des ennemis moins pathétiques (Bruce les élimine tous sans prendre une seule balle...). Alors à voir mais en n'espérant pas LE film de l'année.

  72. Sécurité rapprochée - (5,5) est un faux Buddy Movie qui suit le sauvetage du plus détesté des traîtres américains, l'ex-membre de la CIA Tobin Frost (Denzel Washington sans surprise), par un bleu (Ryan Reynolds de plus en plus indispensable) de la maison en Afrique du Sud. Evidemment, tout est prévisible, des manipulations de Frost aux scènes d'action musclées entrevues dans la bande annonce, en passant par l'absence de suspens final. Ce n'est pas que le film est raté mais on l'a déjà vu souvent et parfois en beaucoup mieux.

  73. Terri - (5,5) est le nième avatar indépendant du renouveau populaire des freaks (dans la lignée de Cyrus - J. & M.Duplass - 2010). Cette fois, c'est un adolescent obèse - Jacob Wysocki magnifique découverte, élevé par un oncle malade, vêtu principalement de son pyjama, qui n'a comme contacts humains qu'un proviseur adjoint - toujours éblouissant John C. Reilly - et ex-Terri en puissance, l'ex-Reine du lycée ostracisée après avoir été prise dans un scandale masturbatoire et un jeune révolté solitaire. Cette "famille" recomposée nous offre quelques instants poétiques (à l'instar de l'enterrement) sans parvenir néanmoins à nous bouleverser pleinement, en partie par sa volonté de n'être qu'un instantané de la vie du héros, sans véritable début ni fin. À voir, néanmoins pour la justesse des acteurs qui font de Terri un film attachant.

  74. American Pie 4 - (5,5) n'est pas ma franchise de chevet et c'est donc sans à priori que je suis allé retrouver la bande du Michigan, à l'instar de nos héros qui, 10 ans après avoir quitté les bancs du lycée, se retrouvent pour une fête-bilan et la confirmation qu'ils ont pris, à l'exception notable des Stifler mère et fils, quelques années. Bien sûr, les gags (qui pourra encore regarder sa glacière de plage sans angoisse ?) et les jolies filles (Très charmante voisine...) sont présents, mais certaines situations ont déjà été exploitées dans Copains pour toujours (D.Dugan - 2010) ou B.A.T. (B.& P.Farrelly - 2011) et l'aspect festif a depuis été dépassé par la série Very Bad Trip (T.Phillips - 2009 / 2011) ou ringardisé par le récent Projet X (N.Nourizadeh - 2012). Néanmoins, ce retour aux affaires (après la kyrielle de suites vidéo à but uniquement commercial) ne bouleverse pas l'histoire du cinéma mais se laisse voir sans problème.

  75. L'étrange pouvoir de Norman - (5,5) tente de proposer un dessin animé horrifique fortement inspiré par l'imaginaire de Tim Burton, puisque l'on suit un adolescent qui parle aux morts confronté aux railleries de sa famille et de ses condisciples lorsqu'il avoue son secret. Evidemment, le fait qu'il va sauver sa petite ville, réconciliant ainsi les 2 univers, améliorera sa côte de popularité. En mélangeant stop-motion à la Studio Aardman et images de synthèse, le duo Fell - Butler s'offre un écrin plaisant qui a simplement le défaut de son manque d'originalité et de son excès de bonnes intentions - aussi bien dans l'action soutenue que dans sa volonté moralisatrice. Pas un mauvais divertissement familial, mais pas non plus une révolution transcendante.

  76. The Secret - (5,5) est un thriller ingénieux qui, à force de twists improbables, se perd dans les méandres de ces disparitions. En effet, depuis des années, les enfants de Cold Rock s'évanouissent sans laisser de traces. Alors que chacun a sa théorie (extraterrestres, Boogeyman...), c'est au tour de Jessica Biel, l'ultime médecin de cette ville minière, d'assister à l'enlèvement de son fils. Raconté en flashbacks au cours d'un témoignage au FBI, l'enquête débutée lentement, voire poisseusement, bascule au bout d'une heure, provoquant une agréable accélération du rythme, avant d'être gâché par l'ultime rebondissement, annonciateur d'une potentielle suite, mais surtout porteur d'une morale particulièrement idiote. Au final, le trop demeure toujours l'ennemi du bien.

  77. Anna Karenine - (5) est une adaptation flashy à la Baz Luhrmann du roman éponyme de Léon Tolstoï. S'appuyant sur son habituée Keira Knightley, Joe Wright essaye de dépoussiérer le célèbre adultère russe (le duo masculin étant interprété par Jude Law et Aaron Taylor-Johnson) en surdimensionnant l'aspect théâtral de leurs relations. Si certains raccourcis peuvent sembler artificiels, l'aspect décadent de l'ensemble parvient régulièrement à nous surprendre (Ah, ces changements de scènes) tout en nous irritant aussi. Le mieux demeure l'ennemi du bien.

  78. Twilight - Chapitre 5 : Révélation Part 2 - (5) est objectivement le meilleur volet de la saga - et pas seulement parce qu'on ne reverra plus les insupportables Bella et Edward (qui se baladent sans mal au soleil... exploit que seuls les vampires du chef d'œuvre consacré à Abraham Lincoln pouvaient faire jusqu'à présent). En effet, alors que les producteurs de Lions Gate ont copié ceux de Warner en scindant leur ultime opus en 2, ce final, bien loin de la réussite de HP et les reliques de la mort - Part 2 (D.Yates - 2011), met du temps à démarrer, notamment en raison de la découverte par Kristen Stewart de ses nouveaux pouvoirs et de la recherche d'alliés contre les Volturi. Ce n'est qu'au bout de 70 mn que la rencontre a enfin lieu et les 15 mn de combat qui s'en suivent permettent de faire oublier ses trop longues minutes. Heureusement qu'un ultime coup de théâtre nous replonge dans la guimauve insupportable de la série, prouvant une fois de plus qu'Anne Rice et ses vampires ne sont pas des mormons.

  79. The Amazing Spider-man - (5) souffre d'être clairement un projet mercantile (Sony, devant sortir un film sur l'homme-araignée sous peine de perdre les droits, choisit l'option reboot 5 ans après la fausse conclusion de la trilogie de Sam Raimi - 2002 / 2004 / 2007) et d'un méchant particulièrement raté, même si interprété par Rhys Ifans. Pourtant, en confiant l'avenir de la franchise à Marc Webb ((500) Jours ensemble - 2009), la multinationale japonaise avait fait un excellent choix, ce dernier privilégiant l'être humain et non le masque, s'intéressant à l'orphelin et non au sauveur, délaissant la brune Mary Jane pour la blonde Gwen (Emma Stone, se cherchant encore un peu). Hélas, malgré l'implication évidente d'Andrew Garfield, ce brouillon carbone ne décolle jamais entre clins d'œil adolescents appuyés et rebondissements arthritiques téléphonés. Espérons donc que la suite bénéficiera d'un scénario avant l'annonce de la sortie en salles... juste pour voir si Sony a bien fait d'anéantir une franchise à succès.

  80. Friends with Kids - (5) tentait de renouveler la comédie romantique en proposant un contrat amical qui devait maintenir le duo Adam Scott / Jennifer Westfeldt loin des échecs répétés de leurs amis devenus parents. Hélas, après un premier quart d'heure prometteur, les codes - notamment l'interminable durée - Apatow reviennent vite, nous offrant que du classique balisé - des amis faits l'un pour l'autre qui l'ignorent et qui après diverses mésaventures externes se retrouveront pour le reste de leurs jours - avec une pointe de vulgarité pour faire adulte ("Baise-moi" est-elle la plus belle déclaration d'amour ?). Ce n'est pas que l'ensemble soit affligeant, mais la première partie étant bien supérieure à la fin, le plaisir laisse place à une consternation ennuyeuse.

  81. Taken 2 - (5) remplit son carnet de route (vengeance = enlèvement = évasion = tous les méchants morts) sans surprise (ni bonnes, ni mauvaises) permettant à Liam Neeson de poursuivre sa carrière d'action star. On retrouve notre héros à Istanbul où sa famille et celles des hommes qu'il a éliminé à Paris ont eu la même idée : venir le rencontrer. Evidemment, leurs rencontres seront sanglantes et linéaires, puisqu'à la fin, seul le héros peut rentrer chez lui avec sa famille. Alors bien sûr, Besson et Kamen ne se sont pas trop creusé les méninges pour fournir une épaisseur à leurs personnages et rendre les dialogues inoubliables. De même, Megaton n'est pas réputé pour filmer cérébral. Mais est-ce vraiment ce que l'on recherche en venant voir T2 ? J'en doute.

  82. Félins - (5) est un aimable documentaire qui n'aurait pas été déshonoré par une diffusion télé sur une chaîne animalière. Bien sûr, les images sont belles. Mais cela ne fait pas un bon film, tant le duo à la tête de ce projet a surscénarisé son histoire. Seconde mauvaise idée : le commentaire lénifiant prononcé, voire dicté, par Pascal Elbé absolument pas inspiré. Si suivre les 2 familles (guépards et lions) pouvait être tentant, ces Félins ne trouvent pas nécessairement leur place sur grand écran.

  83. Clochette et le secret des fées - (5) se voit sans déplaisir même si cette production Disney s'apparente davantage à un Direct-to-vidéo (ce qu'il a été outre-Atlantique) qu'à une production cinématographique. Bien que l'histoire (Clochette se découvre une sœur dans la Forêt Blanche et ne veut plus la quitter) s'adresse essentiellement aux jeunes filles, la famille pourra se laisser prendre par la gentillesse naïve de l'univers décrit (où il n'y a aucun méchant !) et la mignonne animation 3D. Noël n'est finalement pas si loin pour les banquiers de Mickey.

  84. Le pacte - (5) n'est pas la pire des récentes apparitions de Nicolas Cage même si le temps des réussites indiscutables semble totalement révolu. Il incarne un enseignant qui accepte la proposition d'une mystérieuse organisation : tuer le violeur de son épouse contre un futur petit service. Hélas, ce dernier s'avère l'assassinat d'un présumé pédophile. Dès lors, entre choix moral et pression extérieure solidement incarnée par un Guy Pearce, il va tenter d'échapper au piège où l'a mené son indécision. Ouvertement série B linéaire, cette nouvelle réalisation de Roger Donaldson (qui fut un jour assez inspiré pour nous offrir Sens unique - 1987) n'a rien d'originale (à l'exemple du dirigeant qui se prend pour un Deus Ex Machina ou le faux twist épilogue), mais peut se suivre sans honte excessive et s'oublier tout aussi vite.

  85. Tucker & Dale fightent le mal - (5) déçoit car le pastiche attendu des slashers rednecks n'offre rien de plus que ce que propose la bande annonce. Ainsi, suit-on les visions antagonistes de 2 bouseux venus restaurer leur maison de campagne et d'un groupe d'étudiants persuadés que ces 2 dégénérés en veulent à leurs vies. Si certaines scènes provoquent le sourire (la fuite d'Alan Tudyk face à un essaim ou le plongeon dans la broyeuse en marche), le tout manque d'excès ou de construction, tendant au final vers un mauvais Scary Movie (2000 - 2001 - 2003 - 2006).

  86. Ted - (5) souffre de son excellent postulat de départ (avoir un ours en peluche qui a grandit et se comporte comme le meilleur ami obsédé). En effet, au bout d'une heure, Seth MacFarlane, ne sachant plus quoi faire de ses personnages, invente un kidnappeur de Teddy Bear absolument pathétique (le déhanché Giovanni Ribisi) et transforme son conte trash et régressif (Ted étant fumeur de joints et amateur de bimbos convainc toujours le pôvre Mark Wahlberg à le rejoindre) en doucerette comédie romantique ultraclassique. Pas totalement décevant mais entièrement frustrant devant tant de potentiel gâché.

  87. Miss Bala - (5) dépeint le Mexique actuel comme le paradis de la maffia et de la corruption. Pour ce faire, Gerardo Naranjo suit les pas de Laurie (Stephanie Sigman) venue à Tijuana participer à un concours de miss que le hasard va mettre sur la route de Nino, chef narcotrafiquant ultraviolent. Suite à une fusillade dont elle a été le témoin et lui le commanditaire, Laurie décide de témoigner auprès des autorités qui s'empressent de la livrer à Nino. Afin de survivre, elle devra accepter de multiples missions illégales qui la conduiront à une chute parcellaire. Seul soucis mais de taille à cette décente infernale : l'enchaînement répétitif sans réelle construction de scènes d'actions violentes visiblement là uniquement pour souligner la brutalité du quotidien mexicain et la corruption des forces censées l'atténuer. Dès lors, cette manipulation évidente désamorce son propos et réduit notre plaisir de spectateur.

  88. My Week with Marilyn - (5) n'est pas un biopic sur la star disparue en 1963 puisqu'il ne se focalise que sur le tournage du Prince et la danseuse (L.Olivier - 1957). Pourtant, l'ambition évidente de Simon Curtis est de présenter la complexe personnalité du mythe Monroe, star vacillante, névrosée et sous influence (de Paula "La fameuse méthode" Strasberg aux anxiolytiques). Hélas, l'angle choisi par trop anecdotique (l'amourette presque platonique avec un 3e assistant-réalisateur - Eddie Redmayne rafraichissant de candeur) ne parvient pas à soutenir cette ambition. Dès lors, on assiste à un aimable téléfilm où Michelle Williams réussit parfois à incarner la star défunte.

  89. Tous les espoirs sont permis - (4,5) nous plonge dans les tourments d'un couple de sexagénaires dont l'épouse au foyer - Meryl Streep excellente dans n'importe quel registre - ne se satisfait plus de faire chambre à part avec son mari - Tommy Lee Jones en mode bougon. Pour retrouver le frisson de leur amour, elle persuade son époux de l'accompagner à une thérapie de couple menée par Steve Carell. Malheureusement, la platitude (et la linéarité d'un scénario cousu de cordes d'amarrage) ou la bêtise de certaines situations (Ah, la fellation au cinéma) n'aident pas à transformer ce banal téléfilm du dimanche après-midi en film. Reste le duo d'acteurs attachants qui font ce qu'ils peuvent pour sauver les meubles d'une histoire commune. C'est peu mais c'est souvent plus que la moyenne des films récents.

  90. Take Shelter - (4,5) n'est pas la perle décrite par la presse enthousiaste. On suit ainsi les cauchemars du toujours inquiétant Michael Shannon qui voit la fin de son monde, menacé par une tornade. Afin de protéger sa famille, quitte à se heurter à l'incompréhension de ses amis et à fragiliser son couple, il décide de construire un abri pour son épouse et sa fille. Hélas, si le suspens aurait parfaitement tenu la distance d'un court métrage, ce n'est pas le cas sur 2 heures, obligeant Jeff Nichols à diluer sa tension au-delà du raisonnable, forçant le trait de la lenteur au point de pousser la patience du spectateur à sa limite. À force de vouloir faire intelligent, Nichols fait de l'infatué.

  91. L'ombre du mal - (4,5) est une nouvelle uchronie estivale qui, après Shakespeare (Anonymous - R.Emerich) et avant Lincoln (Abraham Lincoln - Chasseur de vampires - T.Bekmambetov), choisit un personnage célèbre, ici Edgar Allan Poe, afin de réinventer son histoire. On suit l'écrivain sur les traces d'un assassin qui tue en mettant en scène les meurtres imaginés par Poe. Si son imaginaire a inspiré les auteurs de la saga des Saw, James McTeigue ne parvient pas à insuffler la folie suffisante pour faire de ce thriller classique un polar poisseux romantique. Heureusement, le duo Cusack - Evans sauve régulièrement cette Ombre de la banalité. Mais pas de beaucoup.

  92. Dark Shadows - (4,5) est un film que l'on veut à tout prix aimer (ne serait-ce que pour le duo fusionnel Depp-Burton ou le kitsch assumé de son univers) mais qui ne parvient que rarement à convaincre tant l'excès (d'excentricités ou de pauses sixties) nuit à l'originalité (pour nous qui ne connaissons pas la série télé adaptée ici par le duo). Pourtant, les retrouvailles mortelles de la sorcière Green (Miam !) et du vampire Depp sont électrisantes, alors que la famille de ce dernier rappelle sporadiquement celle dysfonctionnelle des Adams. Mais, l'histoire de Barnabas ne convainc jamais pleinement, à force d'abuser de clichés et de recyclages forcenés, Burton ayant déjà tout montré de ce film et en mieux dans ses œuvres passées. Au final, la frustration est supérieure au plaisir complice que procure cet univers.

  93. Mille mots - (4) ne vaut pas sa réputation d'ultime nanar que la presse, le public américain et son long séjour sur les étagères de ses producteurs ont véhiculée. En effet, malgré un scénario ultralinéaire (on sait par avance que l'insupportable et humainement médiocre Jack McCall - Eddie Murphy ni plus ni moins lui-même que d'habitude - va devenir un autre) et les gesticulations grimaçantes du héros, on suit sans (trop) de déplaisir la rédemption du menteur commercial dont chaque mot le condamne à une mort précoce. Futur film du dimanche soir ou veille de Noël, Mille mots s'oublie aussi vite que sa philosophie New Age sans provoquer de nausées rédhibitoires. À voir en cas de crise de cynisme ou de canicule, puisque les salles de cinéma sont climatisées.

  94. Target - (4) est un soap popcorn movie décérébré peu inspiré avec suffisamment de charme pour ne pas être une perte complète de temps. Il faut dire qu'en racontant les amours contrariés de deux amis agents secrets (les bodybuildés Chris Pine et Tom Hardy), prêts à tout pour empêcher l'autre de séduire la Belle (Reese Witherspoon qui se cherche depuis son Oscar en 2006), employant tous les moyens de leur employeur commun, McG croyait renouer avec le succès. Mais, cette comédie romantique d'action n'a pas le charme de Mr & Mrs Smith (D.Liman - 2005) avec lequel on le compare à tort : le 1er était entièrement réussi alors que ce Target rate souvent sa cible (Je sais, c'est paresseux... à l'image du scénario).

  95. Perfect Sense - (4) narre une fin du monde progressive et subtile, qui voit l'existence des terriens marquée par la disparition évolutive de ses sens, de l'odorat à la vue. Avec une économie d'effets (le silence, par exemple, s'enclenche lors de la perte de l'ouïe), Douglas MacKenzie parvient à crédibiliser son postulat. Afin de nous immerger davantage, il focalise son attention sur le couple Eva Green, brillante chercheuse, et Ewan McGregor, cuisinier inspiré, victimes de l'épidémie, au risque de perdre ses spectateurs, hésitants sur ses intentions. En effet, à trop vouloir être ambitieux, il finit par rater les deux tableaux, par manque de rythme et de lucidité. Ce n'est pas que l'on ne s'intéresse pas à ce qui arrive, mais nous n'avons que 90 mn pour nous y adapter, soit bien moins que les protagonistes qui surmontent toujours la perte d'un nouveau sens, à l'exception du bon.

  96. Prometheus - (4) ne laisse personne indifférent : soit vous attendez une explication / suite / préquelle à la saga Alien et vous serez fortement fâché (par l'absence de bébête, l'inutilité de la scène d'ouverture et son suicide incompréhensible, son absence de tension...), soit vous escomptez un voyage intergalactique et vous serez un peu déçu par l'impression d'inachevé que laisse ce Ridley Scott. En effet, malgré des effets numériques réussis et un Michael Fassbender terrifiant d'apprentissage de l'humanité, le scénario concocte un fatras philosophique desservi par les nombreuses ellipses et autres parenthèses incohérentes dont aucun personnage humain n'émerge (notamment celui de Noomi Rapace qui s'espérait remplaçante de Ripley). Espérons que la suite corrigera largement le tir.

  97. Contrebande - (4) est le remake d'un ex-candidat islandais à l'Oscar du meilleur film étranger. Alors qu'il en était le héros, Baltasar Kormakur réalise et produit l'adaptation américaine de sa carte de visite internationale. Mais a-t-il bien fait compte tenu de certains choix catastrophiques (Giovani Ribisi en roue libre et excessif, le faux-suspens du conteneur...) et autres péripéties caricaturales (comme le sauvetage de l'épouse du héros) ? Si Mark Wahlberg (de plus en plus convainquant dans le cinéma US) n'était pas le héros, la réponse serait assurément affirmative. Mais dès qu'il intervient, on oublie tout, des situations ineptes à la psychologie (rédigées sur) ticket de métro des personnages. Enfin, pratiquement tout, car le final est là pour nous ramener à la réalité de ce quasi-navet testosteroné.

  98. Cogan : Killing Them Softly - (4) plonge Brad Pitt dans une pègre en décrépitude, dont chaque membre semble plus minable que le précédent. Il faut dire qu'après avoir été braquée lors d'une partie interdite par des escrocs de seconde zone, elle a bien du mal à garder toute sa dignité, à l'instar James Gandolfini en hallu permanente ou Ray Liotta massacré par plus médiocre que lui. Dès lors, ce polar ne tient que par ses dialogues enlevés et politiques (ce qui est plutôt rare pour un thriller) et par l'état charismatique du héros éponyme. La seule question demeure : est-ce suffisant pour payer sa place à 10 € ? Pas sûr à 100 %.

  99. Je te promets - (4) est une comédie romantique inspirée de faits réels. Suite à un accident de voiture, la belle Rachel McAdams (bien meilleure en Irène Adler dans Sherlock Holmes - G.Ritchie - 2010) sort d'un coma en ayant effacé 5 ans de sa mémoire, notamment son histoire d'amour (et son mariage) avec le falot Channing Tatum, réelle erreur de casting et incident industriel de cette histoire qui aurait pu avoir du charme avec un acteur et non une gravure de mode qui ne sait pas jouer (mais je dis cela en toute gentillesse). Dès lors, sous l'impulsion de ses parents (Jessica Lange / Sam Neill), elle le quitte pour reprendre sa place au sein de sa famille et ses études de droit. La suite hésite alors entre renoncement ou reconquête inattendue qui tient longtemps le spectateur en haleine. Enfin... on aimerait puisque Je te promets est une romance prévisible sans réelle alchimie ni intérêt.

  100. Savages - (4), bien qu'étant un Oliver Stone particulièrement mineur, nous offre un sympathique ménage à trois (Blake Lively, Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson) de trafiquants de cannabis particulièrement prisé confrontés à un cartel mexicain, dirigé sans pitié par Salma Hayek et épaulé par le convaincant homme de mains Benicio Del Toro, décidé à prendre le contrôle de leur "entreprise". Pour leur forcer la main, ils enlèveront la belle O, obligeant les garçons à recourir à leur protecteur, John Travolta poussif, et à leur réseau pour renverser leurs ennemis. Bien sûr, Stone surexploite l'aspect rafraichissant de ses acteurs, l'ambiance flashy des extérieurs, la violence psychopathe de Del Toro ou le faux final à la Bonnie and Clyde. Mais même dans l'excès de Pulp, il parvient à nous proposer une série B popcorn parfaite pour l'été. Alors pourquoi avoir attendu fin Septembre pour le voir dans nos salles ?

  101. La vérité si je mens 3 - (3,5) ne renouvellera pas le succès de l'opus précédent (T.Gilou - 2001) car sans être un naufrage complet, ce film n'est jamais drôle, notamment en raison d'un scénario poussif dont la seule bonne idée est le générique à la James B version sentier. Menacé de fermeture par les manigances d'un concurrent acoquiné avec un policier véreux, le quintet doit trouver son sauvetage du côté de la Chine. Plus téléfilm du lundi soir que comédie hilarante (voire souriante), cette suite - décalque du 2e film - est inutile.

  102. Dos au mur - (3,5) n'aurait dû rester qu'un pitch au lieu de chercher à s'étirer sur plus de 100 mn. Ainsi, après un petit déjeuner dans un hôtel de luxe, le locataire et ex-flic, Sam Worthington, escalade la corniche et menace de se suicider à moins qu'une jeune policière, Elizabeth Banks, ne vienne négocier sa reddition. Bien sûr, il est innocent du crime dont on l'accuse et a planifié, tel Michael Scofield, le hold-up susceptible de prouver son innocence. Bien sûr, tout est de plus en plus invraisemblable et décérébré. Mais il manque un supplément d'âme pour que ce divertissement laisse le moindre souvenir une fois achevé.

  103. Journal d'un dégonflé : ça fait suer ! - (3,5) est le premier opus de la trilogie scolaire que je vois. Cette fois, à l'instar de l'élève Ducobu parti en vacances, on suit les tribulations de Greg et sa famille - moins dysfonctionnelle que celle de Malcolm - lors de la pause estivale. Entre drague de la Belle, squat d'un club privé et camps scout de retrouvailles, les scénaristes semblent recycler la série déjà citée (2000 - 2006) mais sans le génie du duo Kaczmarek - Cranston, parents délirants et inoubliables. Dès lors, Steve Zahn ou Rachael Harris font se qu'ils peuvent, c'est-à-dire peu, pour mettre un peu de rythme dans cet aimable téléfilm familial de Noël. Mais est-ce que cela vaut le prix d'une place de cinéma, je ne suis pas sûr.

  104. Young Adult - (3,5) n'a pas le charme du précédent film de Jason Reitman, In the Air (2010). Il faut dire que son héroïne, Marvis (Charlize Theron parfaite d'égoïsme), est une tête à claques antipathique décidée à 37 ans à récupérer son amour lycéen devenu récemment père. Entre séduction outrancière et petites humiliations, sa quête du bonheur lui permettra de se retrouver et de grandir enfin. Moralisateur et souvent condescendant (à l'instar de l'ultime petit-déjeuner), ce film souffre aussi de son absence de rythme et de personnages peu empathiques. Au final, croire que magnifier le pathétique suffit à faire un film d'auteur (voire de hauteur) est une ennuyeuse fumisterie.

  105. Albert Nobbs - (3) est un projet porté par Glenn Close depuis 30 ans qui narre le choix d'une femme irlandaise au XIXe siècle de se faire passer pour un homme afin de survivre. Maître d'hôtel d'une pension cossue, elle économise en prévision d'une vie de couple qu'elle envisage avec une autre femme. La découverte de son secret par un ouvrier travesti lui ouvrira de nouvelles perspectives. Dit ainsi, Albert Nobbs pourrait être autre chose qu'un tremplin à Oscar. Hélas, entre l'interprétation volontairement et lourdement impassible de Glenn Close et la mise en scène caricaturalement académique et théâtrale de Rodrigo Garcia, l'attention du spectateur finit par se porter davantage sur la montre que sur l'écran. Gênant, non ?

  106. À perdre la raison - (2,5) est un ovni estival tant cette histoire dépressive et misérabiliste n'a guère sa place au milieu des blockbusters popcorn. Joachim Lafosse nous plonge au sein d'un jeune couple - Emilie Duquenne / Tahar Rahim - hébergé par un ami de famille - Niels Arestrup parfait en veuve noire - qui peu à peu s'immisce dans leur vie en se rendant indispensable puis phagocyteur. Les retrouvailles du duo du Prophète (J.Audiard - 2009) ne sont hélas pas à la hauteur tant cette histoire se veut étouffante et exempte de subtilité, l'infanticide final venant parachever un choix auteurisant. Certes, le monde n'est pas beau, malgré ce que prétend Oldelaf, mais à quoi bon le sursouligner avec autant de fougue par une image délavée, des situations pénibles et une interprétation tellement en retenue qu'elle annonce à chaque image le futur drame ? Vive la rentrée, donc, et le prozac !

  107. Total Recall mémoires programmées - (2,5) souffre de la comparaison avec la version de Paul Verhoeven (1990), qui bien que kitchissime (Ah, les yeux globuleux de poisson rouge d'Arnold) multipliait les twists réussis. Alors, quand Len "Underworld" Wiseman prend les commandes du remake / reboot / relecture / repognondanslapoche, on se met à espérer que sa maîtrise des effets spéciaux transcendera cette histoire de trahison. Hélas, malgré quelques réussites (dont les fameux effets), le scénario recopie tous les cliffhangers du film original sans apporter la moindre innovation de fond - à l'exception de dialogues consternants, laissant le spectateur sur sa fin et les producteurs sur la paille - ce qui n'est finalement pas une si mauvaise nouvelle.

  108. Les 5 Légendes - (2,5) est la preuve que la forme ne suffit pas à rendre un dessin animé intéressant. En effet, alors que l'aspect numérique est féérique - même si par trop Dragon Ballesque lors de la bataille qui voit tomber le Marchand de sable, Dreamworks ne parvient pas à tisser une histoire susceptible de s'adresser à tous et pas uniquement aux enfants de moins de 10 ans. Pourtant, faire une Dream Team de héros est très à la mode après le triomphe au box office des Avengers (J.Whedon). Alors à défaut de regrouper les héros maison, joindre le Père Noël, le Marchand de sable, le Lapin de Pâques et la Fée des dents pour abattre le Croque-mitaine - quasi-copie de l'Hadès du Hercule (R.Clements & J.Musker - 1997) aurait pu être la bonne idée de cette fin d'année. Las ! Chris Ramsey se concentre sur la rédemption de Jack Frost à l'esthétique limite série tv des 80's et gâche le potentiel de son histoire. Sorti avant ... Ralph, ces Légendes bénéficient à fond de la prime au premier... Mais franchement, à tort.

  109. La Dame de Fer - (2,5) n'a le mérite que d'offrir à Meryl Streep un 3e Oscar, car tous ceux qui espéraient un biopic sur Margaret Thatcher en seront pour leur frais. En effet Phyllida Lloyd a choisi de concentrer sa biographie sur la dégénérescence de l'ex-premier ministre. Dès lors, sa sénilité et les apparitions du fantôme de son conjoint (Jim Broadbent) remplacent une pertinente étude des années 80 britanniques qui ont vu les plus dures grèves du Royaume Uni, comme si la carrière politique de la Dame de Fer n'était pas suffisamment cinégénique. Pour être sûre d'annihiler tout intérêt du spectateur, la réalisatrice choisit un montage en flashbacks épuisant et superficiel. Un vrai gâchis.

  110. La Dame en noir - (2,5) est une nouvelle production Hammer qui aurait dû offrir à Daniel Radcliffe une belle carte de visite post-Potter. Hélas, les mésaventures du jeune notaire veuf venu à Crythin Gifford pour régler une succession ne provoquent bien souvent qu'un aimable rictus, tant les ficelles utilisées sont grossières. Entre bruitages inattendus, musiques stridentes et jeux de lumière, la palette du terrifique est déployée en vain. Il faut dire que la grande jeunesse du "héros" n'aide pas à crédibiliser cette nième histoire de fantôme assoiffé de Mort. Le final étant à la hauteur de la déception, cette Dame en noir reviendra pour une suite, sans Radcliffe évidemment.

  111. J Edgar - (2) a l'ambition de retracer en 135 mn les 48 ans de règne de John Edgar Hoover à la tête du FBI dont il va révolutionner les méthodes et utiliser les moyens pour défendre ses convictions du patriotisme, quitte à faire chanter les présidents américains. Il y avait donc de quoi faire un thriller politique palpitant. Au lieu de cela, malgré la mise en scène toujours aussi inspirée de Clint Eastwood, on assiste à un (quasi) huis-clôt arthritique entre DiCaprio (pas nécessairement au sommet de son art), Watts (raisonnablement convaincante) et Hammer (maillon faible en amoureux fou), éclairci par quelques enquêtes célèbres (l'enlèvement du bébé Lindbergh à l'origine du Crime de l'Orient Express d'Agatha Christie..). C'est lent, digne d'un mauvais feuilleton d'après-midi du service public et trop souvent insipide pour justifier une dépense inutile, à l'instar des mauvaises prothèses de Hammer définitivement ridicule.

  112. Lock Out - (2) est la nouvelle production décérébrée et coécrite par Besson largement référencée (mais oui, c'est un plagiat-mixe de Fortress - S.Gordon - 1992 - et New York 1997 - J.Carpenter - 1981). Cette fois, la tête-à-claques de fille du président (Maggie Grace qui tente de retrouver un rôle depuis Lost - 2004 - 2010) se retrouve prise en otage par de dangereux psychopathes sur une prison spatiale. Afin de la libérer des 497 (soyons inintéressant mais précis) violeurs en puissance, le gouvernement lui envoie un agent secret (Guy Pearce en mode action man) arrêté pour trahison. Dire qu'il va la libérer, buter tous les vilains, trouver celui qui l'a piégé et coucher avec la fille n'est pas trahir un secret (sauf de Polichinelle puisque nous sommes dans une production bessonienne). Maintenant, à vous de voir si vous en avez vraiment envie.

  113. Underworld : Nouvelle ère - (1,5) est la suite logique de la saga Titanic - non pour la réussite mais pour le naufrage - (2003 - 2006 - 2009). Malgré le retour Kate Beckinsale, ce faux reboot est un naufrage abyssal tant l'absence de scénario est patente. Entre le retour des loups-garous géants et les ralentis surclipés, le duo (Si ! Si ! Il a fallu deux tâcherons pour mettre en scène cette bouse) de réalisateurs place une éventuelle suite avec la cryogénisation de Michael Corvin. Dire que je l'attends avec une certaine appréhension est un doux euphémisme, en espérant ne pas être le seul.

  114. Jack Reacher - (1,5) se voulait la nouvelle franchise de Tom Cruise qu'il pourrait alterner avec les Mission: Impossible (2000 - 2006 - 2011). Hélas, avec des dialogues affligeants dignes des pires action movies des 80's, un scénario improbable à tendance fortement parodique, un nain de jardin plus résistant et inaltérable qu'un Terminator (McG - 2009), un vilain survivant à toutes les petites faims et une avocate charmante (pétulante Rosamund Pike) dont l'un des deux proches est un traître (Pardon, je viens de trahir LE twist du film), le nombre de handicaps à surmonter pour le spectateur bienveillant est trop important.

  115. Baby-Sitter malgré lui - (1,5) narre les déboires d'un adulescent (Jonah Hill en mode régressif) vivant aux crochets de sa mère qui se voit confier la garde de trois monstres le temps d'une soirée éprouvante. Spécialiste des projets vulgaires (Votre majesté, c'est hélas lui...), David Gordon Green sauve partiellement cette nuit du naufrage complet par le choix de Sam Rockwell en dealer "amical". Mais, est-ce que cela vaut 10 €, rien n'est moins sûr...

  116. LOL USA - (1,5) n'est pas un remake américain comme avait pu l'être True Lies (J.Cameron - 1994) de la Totale (C.Zidi - 1991) mais un décalque à la virgule prêt de l'original par sa réalisatrice, Lisa Azuelos, agrémenté par un pathétique voyage scolaire en France. Dès lors, malgré un duo principal - Demi Moore / Miley Cyrus - plutôt convaincant, la sauce ne prend pas tant le manque d'indépendance de cette photocopie est flagrant : mêmes bandes, même BO, même relations humaines, mêmes lâchetés, mêmes quiproquos, mais heureusement pas le même succès ! Est-ce que le mirage hollywoodien valait cet honteux pompage ? Avec moins de 42 000 entrées en France et 46 500 $ de recettes outre-Atlantique, je ne suis pas sûr.

  117. Magic Mike - (1,5) est la version sérieuse du Full Monty (P.Cattaneo - 1997), la crédibilité en plus - Channing Tatum, Alex Pettyfer et Matthew McConaughey ayant clairement passé beaucoup d'heures dans les salles de musculation, le fun et le charme en moins. En effet, en privilégiant la (les ?) forme(s) sur le fond, Steven Soderbergh - en mode toujours très mineur - nous ennuie rapidement, puisqu'il ne parvient pas à développer la moindre empathie pour ses "héros" ni pour leurs hautes aspirations. Dès lors, même si Michel le Magicien peut plaire aux demoiselles venues se rincer l'œil, payer 10 € pour voir un mauvais téléfilm du samedi soir au cinéma, cela me semble un peu excessif.

  118. Piégée - (1,5) démontre que l'inspiration de Steven Soderbergh semble s'être largement tarie depuis Hors d'atteinte (1998). En effet, il propose une version light de Salt (P.Noyce - 2010) en suivant une terminatrice, l'ex-star MMA Gina Carano, en mode vengeresse après l'échec d'une mission, le charisme et le sex-appeal en moins par rapport à Angelina Jolie. Malgré une pléiade d'acteurs capables du meilleur (Ewan McGregor, Michael Fassbender, Michael Douglas, Antonio Banderas, Bill Paxton), jamais la quête de l'héroïne ne dépasse le simple shoot'm up, le fun et l'intérêt en moins. Pas totalement au niveau d'un direct-to-vidéo de Jean-Claude Van Damme mais pas si loin, hélas.

  119. Premium Rush - (1,5) tente de renouveler le genre de la course-poursuite en suivant un coursier à vélo - Joseph Gordon-Levitt en mode mollets rasés - dans les rues de New York chargé de délivrer en 90 minutes une mystérieuse enveloppe malgré l'attention d'un flic ripou - Michael Shannon toujours aussi inquiétant, d'un flic à vélo spécialiste du roulé-boulé cycliste et d'un collègue jaloux. Entre pédalages et rétropédalages, David Koepp essaie de dynamiser son propos en démultipliant les plans, les sous-intrigues justificatrices pathétiques (Ah, ce pauvre enfant victime d'une défense tibétaine..), les visions en 3D-GPS et les pires incongruités (Mais oui, on peut faire du free-run avec des côtes cassées). Dire qu'il y arrive serait une Armstrong, pardon un mensonge cycliste.

  120. John Carter - (1,5) est un pur accident industriel. En effet, alors que l'œuvre d'Edgar Rice Burroughs avait inspiré toutes les grandes sagas spatiales, ce remix raté de Cow-boys et envahisseurs (J.Favreau - 2011) n'apporte aucune nouveauté ni modernité tant les aventures de cet officier sudiste envoyé sur Mars laissent impassibles, la faute à un scénario sans suspens et à un casting plus qu'improbable compte tenu du coût délirant de ce film. Ainsi, le duo principal (et futurs oubliés, Taylor Kitsch et Lynn Collins) a certes davantage de charisme et de profondeur que des amibes, mais seulement de très peu. Au final, je me demande toujours comment Andrew Stanton, réalisateur du Monde de Némo (2003) et Wall-E (2008), a pu se fourvoyer ainsi...

  121. 5 ans de réflexion - (1,5) nous offre une nième variation romantique ratée en proposant plus de 2 heures (si ! si ! Judd Power, hélas !) de désillusions et retards amoureux, rarement inspirés (à l'exception notable du rabbin extrémiste). Pourtant, Emily Blunt et Jason Segel, coscénariste il est vrai, se démènent pour rendre leur histoire intéressante, mais ils confondent souvent gesticulations et émotions, provoquant bâillements et envie de quitter la salle. Et cela dure 125 minutes... soit 45 de trop pour n'importe quel spectateur patient. Pour les autres, ils auront quitté la salle bien avant...

  122. La colère des Titans - (1,5) marque la fin des aventures de Sam "Persée" Worthington tant ce 2nd opus cumule les trahisons mythologiques et l'élimination des personnages, y compris immortels (Si ! Si!). Il faut dire qu'en l'absence de scénario construit et de la belle Gemma Arterton (qui a fui le futur naufrage), il faut démultiplier les péripéties marquantes et les pseudos moments de bravoure soutenus par des effets spéciaux afin de faire oublier, les cordes qui les relient. Dumas disait que l'on peut "violer l'histoire, à condition de lui faire un enfant". Mais peut-être pas à ce point...

  123. The Big Year - (1) tente de nous passionner pour un concours ornithologique existant vraiment en Amérique du Nord, en se basant sur un ouvrage de Mark Obmascik. On suit donc les pas de 3 observateurs névrosés (Steve Martin, Jack Black, Owen Wilson) qui multiplient les voyages afin de pouvoir apercevoir plus de 700 espèces migratoires quitte à tout sacrifier. Pourtant, leurs voyages (presque) initiatiques avaient de quoi séduire, entre des choix familiaux et de vie antagonistes, des paysages magnifiques et une virée bucolique. Pourtant, seul l'ennui s'installe tant l'histoire principale semble improbable. Au final, cette Grande année tient plus du téléfilm dominical que du film automnal.

  124. Possédée - (1) nous offre notre exorcisme annuel. Cette fois, c'est un Dibbuk, esprit hébraïque, qui prend possession d'une petite fille, son père - Jeffrey Dean Morgan en mode ahuri - tentant par tous les moyens de la sauver. Dire que le film sort des sentiers balisés du genre serait mentir. Mais on évite les vomis fluo, les insanités et le vieux prêtre qui a déjà tout vu, tout cela étant remplacé par des mouches, des papillons et un jeune rabbin dynamique. Seule l'interprétation de Natasha Calis a un peu d'intérêt dans cette nouvelle série B fauchée qui fait aussi peur qu'un épisode de Candy. Brrr.

  125. Café de Flore - (1) demeure pour moi un mystère : qu'est-ce qui a séduit Vanessa Paradis dans cet improbable histoire de vies antérieures qui, sous couvert d'auteurisme, démultiplie les allers-retours inutilement compliqués entre 2 histoires temporelles ? En effet, on su(b ?)it le fastidieux quotidien d'une mère célibataire qui élève contre vents et incompréhensions de son entourage son fils handicapé en 1969 tout en assistant au sauvetage in extrémiste d'un couple moderne. Dire qu'on s'y ennuie est une cruelle vérité. Dire qu'on s'y ennuie pendant 120 minutes est un tour de force masochiste que je ne conseille pas vraiment.

  126. Resident Evil : Rétribution - (1) est une vraie déception car après un superbe générique qui reprend à rebours le final du 4e volet (P.W.S.Anderson - 2010), Anderson ne nous offre que des saynètes visuellement réussies mais sans cohérence scénaristique, comme s'il n'aspirait qu'à proposer des scènes de transition pour jeux vidéo sans se rappeler que le spectateur est venu voir un film. S'il ne ruine pas totalement la franchise qu'il avait lancée en 2002, il s'en faut de très peu, essentiellement parce que Milla Jovovich croit encore en la force de son personnage et parce qu'il achève son navet par le retour de la vraie Alice. Espérons que le volet déjà annoncé sera réussi.

  127. Safe - (1) n'est ni plus ni moins mauvais que l'essentiel de la filmographie récente de Jason Statham (qui a dit Blitz - E.Lester - 2011 ?) dont la panoplie d'acteur ne semble pas destiner à l'émotion et l'intériorité. En résumé, si vous êtes fan de poursuites sans logique, de bagarres stylisées mais totalement improbables, de coups de théâtre annoncés au porte-voix, de dialogues viriles écrits au bar par Luc Besson en 5 mn et d'acteurs qui surjouent même le rien, alors Safe est pour vous... Quant aux autres, passez votre chemin en entendant une diffusion télé.

  128. Battleship - (1) est la nouvelle preuve que les producteurs américains ont de l'humour puisqu'ils ont financé l'adaptation de la bataille navale sur grand écran. Qu'ajouter à cela, sinon mon espoir de voir bientôt la relecture du morpion par Paul Verhoeven, de pierre-feuille-ciseaux par Ron Oliver ou du mikado par Georges Lucas ? Si, que ce machin raconte la terrible lutte existentielle entre une race extraterrestre décidée à nous envahir afin de survivre à l'extinction de leur planète (non, je déconne !) et de valeureux marins américano-nippons et qu'on les écrabouille à la fin !

  129. Hit and Run - (1) tente de renouveler le hold-up de la série des Fast & Furious (2001...) en nous faisant suivre un ex-chauffeur (Dax Shepard coscénariste et coréalisateur qui s'offre un run véhiculé vitaminé) de gang de braqueurs poursuivi sur la route de L.A. par ses ex-complices (Bradley Cooper qui a cru que des dreadlocks suffisaient pour construire un personnage) qu'il a dénoncés, l'ex-débile de sa fiancée (Kristen Bell en mode irritante) et le marshall chargé de sa sécurité. Mais, en voulant mélanger comédie, romance, policier, courses-poursuites et film d'exploitation, le duo de réalisateurs se perd en démultipliant les clichés les plus éculés et les fausses bonnes idées. Le final n'est pas entièrement consternant, mais il s'en faut de peu.

  130. Chronicle - (1) est une variation de la mode du found footage initiée par la série Paranormal Activity (2009 - 2010 - 2011). Ainsi, au lieu de terrifier le spectateur avec des caméras de surveillance et des esprits frappeurs, ce film propose un démarquage superhéros, en suivant 3 adolescents qui se découvrent dotés d'immenses pouvoirs après l'ingurgitation d'un mystérieux liquide. Hélas, ceux qui espèrent une modernisation à la Watchmen (Z.Snyder - 2009) en seront pour leurs frais. Il faut attendre la paranoïa finale de Dane DeHaan pour assister à un peu d'action. Mais elle arrive trop tard.

  131. Silent Hill : Révélation 3 D - (0,5) est la suite absolument nécessaire au film de Christophe Gans (Silent Hill - 2006). En effet, tout y est (graphismes vidéo, personnages poisseux, rebondissements asthmatiques, interprétations absolument pas outrancières, dialogues carambars télé Z) pour faire passer le 1er opus pour un joyau de subtilités fantastiques. Comme quoi, on peut toujours faire plus mauvais... La question qui se pose alors est : "doit-on forcément le faire ?".

  132. Alex Cross - (0,5) reprend le personnage déjà défendu avec talent par Morgan Freeman (le Collectionneur - G.Fleder - 1997, le Masque de l'araignée - L.Tamahori - 2001). Hélas, si Idriss Elba, héros de l'excellente série Luther (2010 - 201?), fut un temps pressenti pour le remplaçant, les producteurs choisirent à la place le comique communautaire Tyler Perry totalement inconnu ici. Si cela ne suffisait pas encore à enterrer ce polar, le scénariste est parvenu à ridiculiser tous ses personnages (du héros qui perd sa femme enceinte au tueur froid et dérangé - Matthew Fox en mode Lost - 2004 - 2010 - en passant par Jean Reno en roue libre et pathétique). Dire qu'il y a du suspens serait excessif tant on sait que le héros va tuer le méchant. Mais devoir supporter le vide pendant 100 mn n'est pas facile, surtout quand on a payé sa place pour voir un lamentable téléfilm.

  133. Bachelorette - (0,5) consterne davantage qu'il n'amuse tant le trio de bonnes "copines" (en charge de l'organisation de la dernière journée de célibataire de leur enveloppée amie de lycée) est antipathique. Il faut dire qu'en proposant une nième variation girlie trash, Leslye Headland ne fait ni dans l'originalité, ni dans la dentelle. Mal écrit, préférant méchanceté à l'humour, ce pensum de 87 mn en paraît facilement le double. Et le trio principal - Kirsten Dunst, Isla Fischer, Liza Caplan - s'interroge pourquoi elles sont encore célibataires ?

  134. Sur la piste du Marsupilami - (0,5) est le gâchis de l'année tant cette comédie rate tout (à l'exception d'une délirante rencontre entre un chihuahua et Jamel Debbouze). Alors qu'Astérix : Mission Cléopâtre (2002) avait été une belle surprise, tous les gags faisant mouche, cette quête du Marsupilami consterne constamment, le pire étant atteint par le personnage central de "double-face" Hermoso, surjoué et mal par Fred Testot. Le cauchemar repose aussi sur l'élogieuse unanimité de la presse qui n'a pas voulu être sincère (on n'attaque pas 2 mythes) et sur l'avalanche de sketchs éculés et datés. Seul bémol : ce film prouve, avec plus de 5 millions de spectateurs, un principe fondamental de la physique. L'espace a horreur du vide (le scénario de ce film) et cherche par tous les moyens à le combler (les salles de cinéma). Mais est-ce que cela vaut vraiment le coût de cette (De)bouse de 105 mn ? Moi aussi, je peux faire des jeux de mots pourris...

  135. Peace, Love et plus si affinités - (0,5) plonge le duo urbain Aniston - Rudd au sein d'une communauté hippie perdue au fin fond de l'Atlanta et menacée par d'opportunistes entrepreneurs. Séduit par leur liberté, ils envisagent de repartir à zéro (Mais qui voudrait vendre des toilettes de chantier, par ailleurs ?). Hélas, l'accumulation des poncifs naturistes (Youpi, les toilettes à la feuille de chêne), la vulgarité régressive des situations (Pauvre Paul) et la morale sauve finissent par consterner le spectateur hasardeux. Parfois, la fuite est la meilleure solution, et pas seulement pour nos zéros.

  136. Ghost Rider : l'Esprit de vengeance - (0,5) ne m'a ni surpris, ni déçu tant je m'attendais à un décalque de la bouse originelle (M.Steven - 2007). Malgré l'avis unanime sur le 1er opus, les résultats financiers avaient convaincu des décideurs à lancer la production de cette inutile suite. Le plantage mondial devrait nous préserver d'un 3e chapitre. Quant à l'histoire, qui s'en soucie vraiment ?

  137. Voisins du troisième type - (0,5) n'aurait jamais dû franchir l'Atlantique car souvent les navets qui se plantent au Box Office américain finissent en direct-to-video (Dredd 3 D par exemple). Hélas pour nous, d'inconscients décideurs de la Fox nous offrent la "chance" de voir cette parodie de Rencontre du 3e type / ET (S.Spielberg - 1977 / 1982). On suit alors les pas d'une brigade de quartier (Stiller - Vaughn - Hill - Ayoade pitoyables de concert, puisqu'aucun d'entre eux ne parvient à être moins mauvais que son copain) confrontée à une invasion extraterrestre camouflée sous les traits de paisibles citoyens. Malgré quelques effets à la Men in Black (B.Sonnenfeld - 2012), rien ne prend sinon une envie de changer de salle de cinéma.

  138. Abraham Lincoln : chasseur de vampires - (0,5) est un de ces projets improbables dont Hollywood accouche parfois. Cette fois, l'incongruité scénaristique amène Abraham Lincoln à pourchasser les assassins de sa mère, des vampires sudistes (ne riez pas car c'est vraiment cela...), alors qu'il conduit son pays à l'abolition de l'esclavage. Si vous acceptez ce pitch débile, rien ne vous surprendra alors : de la capacité du Père Fondateur à couper les arbres à poings nus à ce que la créature de la nuit résiste bien aux rayons de soleil en pensant par la bêtise affligeante des dialogues écrits un soir de beuverie ou la version 3D la plus laide et la plus inefficace depuis longtemps. Si Tim Burton et Timur Bekmambetov ont parié de pouvoir se moquer de leurs financiers en proposant l'anti-blockbuster par excellence, alors le pari est rempli. Mais s'ils avaient aussi l'intention de proposer un film, alors là... économisez vos euros.

  139. The Darkest Hour - (0,5) témoigne, une fois de plus, de ma foi aveugle envers les scénaristes SF puisque même si je suis convaincu que le résultat va être une nième bouse, je vais voir leur dernière idée. Cette fois, ils ont imaginé que les envahisseurs extraterrestres venaient s'attaquer à nos héros à Moscou (Incroyable novation). Mais pour que la production ne coûte pas trop (et pour justifier que ces aliens sont vraiment très très méchants), ils éliminent (pratiquement) toute la population locale et se recentrent sur la fuite d'un groupe d'inconnus (que l'on peut éliminer sans soucis). Alors, oui, je ne suis pas déçu par cette Heure : tout y est nul ! Du jeu consternant des acteurs aux idées saugrenues (Ah, tuer un extraterrestre à l'aide d'un micro-onde...) en passant par la 3D inutile (à part pour les producteurs) et le final abyssalement stupide. Comme pastiche et au 20e degré, peut-être que cette Heure peut se voir, mais rien n'est moins sûr.

  140. Kill List - (0,5) a un mérite : cacher pendant 20 minutes le portnawak qu'il va devenir. Ainsi suit-on le quotidien d'une famille dont le mari (Neil Maskell crédible dans son double quotidien) ne travaille pas depuis 8 mois à la suite d'un trauma, laissant le foyer dans une situation économique délicate. Si tout semble banal, tout bascule à partir d'un contrat que lui obtient son partenaire et agent (Michael Smiley en mode baroudeur désabusé) : tuer toutes les personnes apparaissant sur une liste. Dès lors, sa plongée paranoïaque va rythmer les 45 dernières et éprouvantes minutes de ce film qui croit que faire bizarre et/ou underground, c'est faire de l'Art. Mais Ben Wheatley oublie que si David Lynch y parvient, c'est parce que lui conserve toujours une unité scénaristique forte y compris dans ses plus étranges errances (qui a dit Inland Empire (2006) ?). Cette Liste n'est qu'un ratage encensée par des critiques orphelins de Maître. À fuir.

  141. Disparue - (0,5) aurait dû le rester tant ce thriller est raté. Alors que personne ne croit en son enlèvement et son évasion, la traumatisée Amanda Seyfried doit convaincre des policiers butés et dubitatifs de la disparition de sa sœur. Dès lors, seule contre tous, elle se lance dans la recherche de cette dernière avant que son kidnappeur ne l'élimine, quitte à se rendre en pleine nuit sous la pluie dans un lieu totalement perdu. De ce naufrage dantesque aux twists les plus invraisemblables, ne reste qu'une question : Mais qu'allaient-ils donc faire dans cette galère ? Assurément perdre 10 € et 95 mn.

  142. Paris Manhattan - (0,5) démontre que réussir une comédie romantique nécessite un minimum de travail afin que l'on ne confonde pas romance et nunucherie. Or, malgré de sympathiques acteurs (le couple Taglioni - Bruel avait un réel potentiel), rien ne marche, des dialogues sursoulignant le côté factice de l'ouvrage - notamment lors des apartés de l'héroïne avec son idole, Woody Allen - aux personnages secondaires invraisemblables et monodimensionnels en passant par la durée anémique de l'ouvrage (d'un autre côté, aurait-on supporté plus long.. ?). À fuir, assurément.

  143. Devil Inside - (0,5) provoque inlassablement le rire en raison du trop grand sérieux de ce décalque de l'Exorciste (W.Friedkin - 1973), notamment lors de l'exorcisme de la mère de l'héroïne, digne de Scary Movie 2 (K.I.Wayans - 2001). Dès lors, il est difficile de s'intéresser vraiment à ce projet et la mort des participants laisse totalement indifférent.

  144. Effraction - (0) a mis 9 mois pour convaincre des producteurs que les français étaient plus idiots que les américains. En effet, après une rouste du public ricain (24 094 $ de recettes pour un budget de 35 000 000 $ !), on croyait ne jamais voir ce "polar" asthmatique sur nos écrans malgré la présence (totalement incompréhensible) de Nicole Kidman et (moins surprenante) de Nicolas Cage. Superbement vendu par Métropolitain, ce thriller d'enfermement est tout ce qu'il ne faut pas faire dans un film pour que le public ne baille pas toutes les minutes. Digne des meilleures performances des Razzies, Effraction a tout de la comédie réussie involontairement entre le surjeu, l'improbable nouvelle coupe capillaire de Cage, le suspens ou les twists ratés de l'absence de scénario. Dire qu'un jour Joel Schumacher a réalisé Chute libre (1993) ou Phone Game (2003)... Heureusement qu'il s'acharne à nous faire oublier ces beaux accidents.

  145. Les 3 corniauds - (0) sont des monuments du slapstick américain qui auraient dû rester cantonner de l'autre côté de l'Atlantique tant leurs grimaces consternantes et d'un autre temps, leurs bêtises dignes de blagues carambar ou leurs dégaines dégénérées m'ont laissé de glace me demandant régulièrement pourquoi je restais dans la salle et ne suivait pas les autres naufragés de l'été qui ont eu moins de scrupules que moi. Vouloir rendre hommage au cinéma du muet peut être une réussite quand on modernise les codes à l'instar de The Artist (S.Hazanavicius - 2011) ou un gouffre abyssal si on a perdu sa maestria, comme les frères Farrelly. Leur seule réussite réside en leur titre français qui traduit clairement ce que vous serez en allant voir leur dernier film.

  146. Faust - (0) a reçu le Lion d'Or de Venise en 2011, démontrant que l'on peut toujours vendre son âme et être récompensé. À part cela, que dire de ce calvaire éprouvant, maniéré, langoureusement emmerdant comme une visite dentaire sans anesthésie à l'exception d'un fond R'n'B français, qualifié de "film", qui transforme tout pensum bollywoodien de 7 heures sous titré en araméen en blockbuster estival ? Que je regrette de l'avoir vu ? Que je cherche toujours à comprendre ce qui m'a poussé à le voir en entier ? Rien, en fait, comme le néant de son intérêt.

  147. Jack et Julie - (0) est une formidable bouse qui démontre une fois de plus l'immense différence entre Ben Stiller et Adam Sandler. Si le premier a une palette large (de Génération 90 - 1994 - à Greenberg - N.Baumbach - 2010), le second aime les comédies débiles limite débilitantes. Le problème est que cette histoire de jumeaux dépasse de loin tout ce qui est humainement supportable. Entre son personnage féminin - comme une insulte aux femmes, les stars venues cabotiner (et un Razzie Award pour Al Pacino, un !), des péripéties toutes aussi nulles et consternantes à l'image des dialogues carambars écrits à la fin d'un banquet et une absence totale de gags, on regrette la migraine qui ne vous a pas obligé à rester chez soi au lieu de voir cette merde. J'ai lu une critique d'internaute qui déclarait ne pas vouloir être ami avec quelqu'un qui aurait aimé ce film. Moi aussi.

  148. Paranormal Activity 4 - (- 0,5) est comme attendu (promis ?) le premier film de cette rubrique à être noté négativement tant le vide sidéral de cette série est flagrant. D'ailleurs, disons-le tout de suite, si vous espérez frissonner, ne venez dans la salle qu'au bout de 90 mn avec l'apparition de la possédée qui va se faire un repas de l'héroïne qui s'enfuit toujours un caméscope à la main. Pour le reste, il n'y a rien à voir d'intéressant à part un manuel du savoir-filmer avec un smartphone ou la 3D en 2D pour les nuls. D'ailleurs, je prédis qu'un prochain chapitre inventera le Found Footage 3D (il faut bien compenser la chute de popularité par une augmentation du coût d'entrée...) ou justifiera le téléchargement gratuit par la possession des contrevenants par un esprit lucide, car sans spectateurs et bénéfices financiers, Oren Peli et ses amis producteurs cesseront enfin de nous prendre pour des ... vaches à lait.

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